National
10:10 11 novembre 2019 | mise à jour le: 11 novembre 2019 à 10:22 temps de lecture: 2 minutes

Polytechnique: mémoire d’un féminicide de masse

Polytechnique: mémoire d’un féminicide de masse
Photo: Ryan Remiorz/La Presse canadienne

Le 6 décembre prochain marquera les 30 ans de la tuerie de Polytechnique. Pour Catherine Bergeron, sœur d’une des 14 femmes tuées en 1989, il faut maintenant nommer cet événement de la bonne manière: «C’est un féminicide», affirme-t-elle.

Le comité Mémoire, composé de proches des victimes et d’ingénieurs, a rencontré les médias vendredi pour détailler la commémoration du 6 décembre prochain.

Selon Catherine Bergeron, membre du comité, il a fallu beaucoup de temps à la société québécoise pour accepter que la tuerie de 1989 était un féminicide.

«Quand c’est arrivé, ça a eu un grand impact. À moment donné, les femmes n’osaient plus dire qu’elles étaient des féministes», explique-t-elle. Elle qualifie cet événement tragique comme un éveil brutal pour les femmes.

«C’est un des plus gros féminicides en Amérique du Nord», souligne-t-elle.

Cette année, le Comité organise un événement pancanadien à la mémoire des victimes. Quatorze universités à travers le Canada enverront chacune un faisceau lumineux vers le ciel représentant une des victimes de 17 h 10 à 17 h 30. C’est le temps qu’a duré la tuerie en 1989.

L’événement sera diffusé en direct à Radio-Canada et CBC et sera animé par l’actrice Karine Vanasse.

Madame Bergeron aimerait qu’on se rappelle que cet événement n’est pas qu’un simple fait divers mais un crime qui visait délibérément les femmes.

«On veut que ça soit souligné de manière toute particulière», confie-t-elle.

Catherine Bergeron croit qu’il y a encore du travail à faire pour la protection des femmes. Faisant allusion à l’attentat de Toronto de l’an dernier, elle estime que la tuerie de la Polytechnique n’est malheureusement plus le seul reflet de la haine contre les femmes. C’est pour souligner cet aspect que le comité a décidé de parler du féminisme et la violence faite aux femmes plutôt que de contrôle des armes à feu.

Parmi les activités de commémoration, on note aussi le lancement d’un livre écrit par la journaliste Josée Boileau. Ce jour-là, parce qu’elles étaient des femmes sortira le 6 décembre en français. Il sera également disponible en anglais en janvier.

 

Articles similaires