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08:12 19 décembre 2019 | mise à jour le: 19 décembre 2019 à 09:33 temps de lecture: 4 minutes

Logement social: des organismes dénoncent le manque d’accès aux migrants

Logement social: des organismes dénoncent le manque d’accès aux migrants
Photo: Josie Desmarais/MétroVeronique Laflamme, Louise Riendeau et Stephan Reichhold

Au Québec, pour avoir accès un logement social subventionné ou une maison de deuxième étape pour les victimes de violence conjugale, il faut être résident permanent ou citoyen canadien. À l’occasion de la Journée internationale des migrants, des organismes demandent au gouvernement du Québec d’élargir l’accès aux logements sociaux à tous.

Lors d’une conférence de presse mercredi après-midi, ils ont dénoncé les «dénis du droit au logement» que les personnes sans statut et les réfugiés subissent. Ils ont demandé à Québec de permettre à toute la population d’avoir accès aux logements sociaux, peu importe leur statut. D’après la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme, le Québec est une des seules provinces au Canada, avec l’Alberta, à être si restrictives dans l’accès au logement subventionné.

En Colombie-Britannique et dans la plupart des grandes villes d’Ontario, les demandeurs d’asile et les réfugiés ont accès au logement social subventionné. Dans d’autres provinces et territoires, comme le Manitoba, le Saskatchewan et le Yukon, les critères sont encore moins restrictifs pour les personnes au statut migratoire irrégulier ou précaire.

«On veut des logements sociaux pour tout le monde, peu importe leur statut migratoire», indique Véronique Laflamme à Métro. D’après elle, en raison de leur situation précaire, plusieurs personnes migrantes se retrouvent souvent dans des taudis où elles subissent des abus de la part de leurs propriétaires. «Ces dénis de droits que vivent nos locataires migrants à Montréal vont en empirant», ajoute-t-elle.

Victimes de violence conjugale

D’après la co-responsable des dossiers politiques au Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale (RMFVVC), Louise Riendeau, une centaine de femmes au statut d’immigration précaire ont été hébergées dans leurs maisons. «Elles doivent souvent y rester plusieurs mois, car elles n’ont pas le droit aux HLM [habitation à loyer modique]. Celles qui en auraient besoin n’ont pas non plus accès aux maisons de deuxième étape dont les critères d’attribution sont les mêmes que pour un HLM», soutient-elle.

C’est ce le cas d’Angélique, qui est au centre Maison Secours depuis juillet. Son mari l’avait parrainée du Bénin. «Il ne nous nourrissait pas et je supportais la situation tant bien que mal, jusqu’au jour où il m’a mise dehors avec ma fille. J’ai essayé de trouver un appartement, mais ce n’était pas possible», confie-t-elle à Métro.

Lorsqu’elle cherche un logement, elle a de la difficulté à convaincre les propriétaires qu’elle est en mesure de payer les loyers en raison de son statut précaire.

Maribel, jadis sans statut, est en attente de statut. Elle habite aussi à la Maison Secours depuis six mois avec son garçon de 10 ans. Elle a vécu de la violence conjugale, des menaces de mort et de la séquestration de la part de son ex-conjoint. «Chercher un logement, c’est difficile pour moi, parce que je n’ai pas de résidence permanente et je n’ai pas d’emploi» dit-elle.

Selon Mme Riendeau, les situations des femmes migrantes font peur aux propriétaires de logements privés, car elles n’ont souvent pas d’historique de crédit ni de références. «Elles font souvent face aux préjugés vis-à-vis des femmes monoparentales et des femmes migrantes», dénonce-t-elle.

L’an dernier, la Ville de Montréal a annoncé diverses mesures pour l’intégration des immigrants. Elle songe notamment aux façons de permettre aux personnes sans statut d’avoir accès au logement social sans avoir à présenter une preuve d’identité. Par exemple, par le biais du référencement par un parti tiers.

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