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05:00 7 janvier 2020 | mise à jour le: 6 janvier 2020 à 18:04 temps de lecture: 3 minutes

Une pétition pour revoir l’équité salariale récolte plus de 7000 signatures

Une pétition pour revoir l’équité salariale récolte plus de 7000 signatures
Photo: 123RF

Une pétition parrainée par Québec solidaire (QS) presse le gouvernement de revoir la nouvelle Loi sur l’équité salariale, adoptée au printemps. Elle a amassé plus de 7000 signatures en un peu plus d’un mois.

Les signataires estiment que le texte législatif ne respecte pas une décision rendue en 2018 par la Cour suprême du Canada. Celle-ci avait déclaré institutionnels certains articles de la loi québécoise créée en 1996.

Plusieurs groupes syndicaux avaient dénoncé le nouveau projet de loi de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Selon la députée de QS Christine Labrie, qui porte la pétition à Québec, la nouvelle loi provinciale «ne suffit pas».

«Le projet de loi ne corrige pas les injustices du passé. Il ne le fait que pour l’avenir», avance Mme Labrie, en entrevue avec Métro.

Selon la pétition, le gouvernement doit procéder à un ajustement rétroactif des salaires visés par la décision. Plusieurs femmes ont porté plainte envers la loi québécoise en 2010, puis en 2015.

«Les syndicats avaient annoncé leur intention d’entamer un autre recours juridique si le gouvernement ne le faisait pas», souligne Mme Labrie.

La députée solidaire appelle aussi le gouvernement à étendre la Loi aux entreprises de moins de dix employés.

«À peu près 30% des entreprises au Québec n’y sont pas soumises», soutient-elle.

Dernier recours

Dans ce contexte, la pétition s’avère une dernière solution avant de revenir devant les tribunaux. Christine Labrie serait surprise de voir le gouvernement de la CAQ tendre l’oreille aux demandes des syndicats.

«Je n’ai pas vu ce gouvernement écouter les signataires d’aucune pétition, constate la représentante de la circonscription de Sherbrooke. Par contre, il s’expose à un recours juridique.»

Cette «longue bataille» pourrait s’étendre au-delà de l’élection d’un nouveau gouvernement, indique Mme Labrie. «Ça donne l’impression que le gouvernement achète du temps», ajoute-t-elle.

Réponse de Québec

Le ministre du Travail, Jean Boulet, a réagi lundi par l’entremise de son attachée de presse Caroline d’Astous.

«Un rapport a été déposé au printemps dernier qui faisait le bilan des dix dernières années de la Loi. Des pistes de réflexion en sont sorties et on est à les analyser», a-t-elle avancé.

Mme d’Astous maintient que le projet de loi «répondait aux demandes de la Cour».

Il n’y aura pas d’ajustements à la Loi pour l’instant «considérant que le dossier est judiciarisé», a-t-elle ajouté.

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