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12:03 29 janvier 2020 | mise à jour le: 2 février 2020 à 18:29 temps de lecture: 3 minutes

Propos désobligeants: «pas question» de réviser le financement de la FFQ, dit François Legault

Propos désobligeants: «pas question» de réviser le financement de la FFQ, dit François Legault
Photo: LUDOVIC MARIN/AFPLe premier ministre du Québec François Legault

Le premier ministre François Legault n’entend pas réviser le financement de la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Du moins, pas seulement sur la base de la déclaration controversée de sa présidente, Gabrielle Bouchard.

«Non, il n’est pas question, parce qu’on n’aime pas une déclaration, de réviser le financement», a dit le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ) mercredi, lors d’une mêlée de presse à l’Assemblée nationale.

Hier, le ministre du Travail, Jean Boulet, laissait entendre qu’il pourrait réévaluer l’une des subventions de la FFQ. L’organisme, qui a reçu 120 000$ cette année de Québec, doit répondre «aux critères du programme via lequel l’aide financière est octroyée», a dit M. Boulet, ajoutant que c’est sa responsabilité de s’en assurer.

Questionné à savoir si la FFQ était encore un bon représentant pour la voix des femmes au Québec, François Legault s’est montré prudent. «Je pense que c’est une bonne chose que le gouvernement aide à financer. Maintenant, c’est aux femmes à décider qui devrait les représenter», a-t-il indiqué.

M. Legault s’est également dit satisfait que Mme Bouchard ait exprimé des regrets pour son commentaire désobligeant à l’égard des couples hétérosexuels. «Maintenant, on va lui laisser gérer la situation. On va voir comment ça va évoluer dans les prochaines semaines», a ajouté l’élu.

«C’était un tweet extrêmement maladroit pour parler d’enjeux qui étaient beaucoup plus complexes. Ce n’était pas la bonne chose à faire.» -Gabrielle Bouchard, présidente de la FFQ, en entrevue à Métro mardi

Plusieurs appels à la démission de Gabrielle Bouchard ont eu lieu depuis hier sur les réseaux sociaux. L’ex-mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire, a notamment été du lot.

Onde de chocs

Rappelons que mardi, la présidente de la FFQ, Gabrielle Bouchard, déclenchait un tollé sur Twitter en affirmant qu’il était «peut-être temps d’avoir une conversation sur l’interdiction» des relations hétérosexuelles.

«Les relations de couple hétérosexuel sont vraiment violentes. En plus, la grande majorité sont des relations basées sur la religion. Il est peut être temps d’avoir une conversation sur leur interdiction et abolition», a-t-elle écrit. Elle s’est ensuite défendue en disant qu’elle voulait «attirer l’attention» sur les féminicides au Québec.

«Les statistiques sont quand même claires que les femmes sont tuées en grande majorité dans un contexte de relations intimes avec un partenaire masculin», a-t-elle affirmé dans un autre tweet.

Un historique de controverses

Mme Bouchard, qui n’en est pas à sa première déclaration controversée, a rapidement été rabrouée par plusieurs internautes. Même des élus provinciaux, dont la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, ont condamné ses propos.

«Les propos de Mme Bouchard sont inacceptables. Prendre la parole publiquement pour faire avancer la cause des femmes est un privilège qui vient avec des responsabilités», a insisté Mme Charest à ce sujet.

La porte-parole du Parti libéral du Québec (PLQ) en matière de condition féminine, Hélène David, a aussi noté que Mme Bouchard portait «une responsabilité dans la façon dont elle livre un message».

Dans un communiqué diffusé hier, la FFQ a pour sa part affirmé qu’elle n’endossait pas les propos de sa présidente.

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