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13:44 16 mars 2020 | mise à jour le: 16 mars 2020 à 17:39 temps de lecture: 3 minutes

Les voyageurs étrangers ne pourront plus s’arrêter au Canada, statue Trudeau

Les voyageurs étrangers ne pourront plus s’arrêter au Canada, statue Trudeau
Photo: Pablo Ortiz/MétroL'aéroport Montréal-Trudeau

Attaqué de toutes parts pour sa gestion des douanes au coeur de la pandémie de coronavirus, le gouvernement de Justin Trudeau s’apprête à bouger. Presque tous les voyageurs étrangers se verront interdire l’entrée au pays dès mercredi.

Seuls les voyageurs américains ou ceux qui ont un lien familial avec un citoyen canadien auront toujours autorisation de franchir les frontières. Le premier ministre canadien en a fait l’annonce, lundi.

«Si vous êtes à l’étranger, il est temps de rentrer chez vous», a soutenu M. Trudeau, lundi. Cette mesure s’appliquera à partir de mercredi midi.

Les Canadiens qui présentent des symptômes ne pourront toutefois pas rejoindre le Canada avant leur guérison, a tenu à préciser l’élu de Papineau.

Pour ce qui est des résidants temporaires canadiens qui faisaient séjour à l’étranger, le gouvernement Trudeau ne s’est toujours pas positionné. «Ça fait partie des choses qu’on regarde actuellement», a signalé la directrice des communications du premier ministre, Chantal Gagnon, dans un échange de messages texte.

Réponse aux critiques

Ce changement de cap survient après plusieurs jours de mésentente avec, entre autres, le premier ministre du Québec, François Legault. Celui-ci faisait état jusqu’à maintenant d’un «différend» avec son homologue et l’exhortait à «fermer les frontières».

Lundi, M. Trudeau n’a pas voulu prendre de blâme pour le service aux douanes dans les derniers jours, mais a convenu que «c’était le temps» de prendre ces décisions.

Visite des Américains

Interrogé sur la permission donnée aux Américains de poser le pied au Canada, le premier ministre a convenu qu’aucune porte n’était fermée.

«J’ai parlé plusieurs fois avec le président Trump. Nous allons reconnaître l’intégration de nos deux pays», a-t-il indiqué.

«On ne peut pas se le permettre. Il y a une telle imbrication des systèmes économiques que fermer la frontière causerait problème», analyse Mehran Ebrahimi, professeur au Département de management et technologie de l’École des sciences de la Gestion (ESG-UQAM).

Aux États-Unis, on comptabilisait aux dernières nouvelles plus de 4000 cas confirmés d’infection à la COVID-19. Le Canada abrite un peu moins de 400 personnes atteintes.

Quatre aéroports

Le premier ministre a également confirmé lundi la fermeture partielle de bon nombre d’aéroports canadiens. Seuls quatre établissements, dont celui de Montréal, accueilleront toujours des vols internationaux.

Le reste des ports aériens du pays resteront ouverts aux vols domestiques et en provenance des États-Unis, du Mexique, des Caraïbes et de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Selon Mehran Ebrahimi, le geste aurait dû être posé plus tôt.

«Le nombre de personnes qui voyagent a beaucoup diminué. Je ne pense pas que la fermeture des aéroports ait un impact économique énorme», indique-t-il.

Également, les citoyens canadiens asymptomatiques auront accès à un programme d’aide financier pour rallier le Canada.

Pressé sur les compensations versées aux entreprises du pays, M. Trudeau a d’ailleurs annoncé qu’il débloquait une enveloppe de 10 G$ adressée à ces organisations.

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