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Coronavirus: Legault somme les influenceurs de ramener les jeunes à l’ordre

François Legaut, le premier ministre du Québec
François Legault, premier ministre du Québec Photo: Philippe Ruel/Métro

Le premier ministre du Québec, François Legault, a sommé mardi les influenceurs et autres vedettes du Web de ramener les jeunes à l’ordre, alors que ceux-ci refusent de cesser les rassemblements. Son gouvernement rappelle que la collaboration des adolescents est particulièrement essentielle pour lutter efficacement contre la propagation du coronavirus.

«On me dit que les jeunes n’écoutent pas suffisamment les consignes concernant les rassemblements. Et pourtant, on a vécu des expériences en Corée du Sud et en Italie, où les jeunes ont été des agents importants de la propagation du virus», a martelé le chef du gouvernement, mardi, lors de son point de presse quotidien.

S’il dit comprendre que les jeunes ont parfois tendance à «moins écouter les plus vieux», il en appelle aujourd’hui à leur gros bon sens. Québec demande aux influenceurs, youtubeurs et autres ambassadeurs des réseaux sociaux chez les jeunes de se mobiliser rapidement pour s’attaquer à la problématique.

«J’ai été jeune moi-même, mais là c’est critique. C’est vraiment sérieux. Je veux lancer un message à tous les leaders chez les jeunes, les artistes, les sportifs. Vous allez être meilleurs que moi pour lancer cet appel», souligne M. Legault.

«Dites aux jeunes de respecter les consignes. Ce n’est pas le temps de faire des partys, de se rassembler. Il faut garder nos distances, et tout faire pour éviter l’augmentation rapide du virus et du nombre de personnes infectées.» -François Legault, premier ministre du Québec

Des risques clairs liés au coronavirus

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a pour sa part prévenu que les jeunes, quoique beaucoup moins touchés par le virus, peuvent agir comme des catalyseurs très forts de celui-ci.

«Ils vont attraper la maladie, avoir peu de symptômes et ensuite les transmettre à leur grand-mère, leur mère, ou encore à un autre copain qui lui va les transmettre à l’un de ses parents qui est en chimiothérapie», insiste-t-il, appelant lui aussi à la vigilance.

La CAQ lancera cette semaine une campagne d’affichage ayant pour thème «Propage l’info, pas le virus», dont plusieurs déclinaisons seront adressées directement aux jeunes. D’ailleurs, Québec n’exclut pas de faire appel aux autorités policières pour faire respecter les consignes en ce qui concerne les rassemblements. «On n’en est pas encore là», a toutefois prévenu François Legault. Idem pour la fermeture de chantiers, pour le moment.

Jusqu’ici, quelque 74 cas d’infection au coronavirus ont été confirmés au Québec, dont cinq sont en hospitalisation. Ce nombre est fort probablement plus élevé dans la réalité, a toutefois précisé M. Arruda.

Frontières fermées, mesures à venir?

Si le premier ministre s’est dit satisfait de la fermeture des frontières décrétée par le gouvernement Trudeau, il a tout de même émis des doutes sur l’exception accordée aux Américains.

«Je comprends que l’hiver, on achète beaucoup de fruits et de légumes aux États-Unis, et qu’à l’année, il y a beaucoup de médicaments aussi. Je comprends cette préoccupation sur les marchandises», a-t-il d’abord reconnu.

Or, de concert avec le gouvernement Trump, «on pourrait laisser circuler les biens, mais pas les personnes, quoique ce n’est pas toujours simple de négocier avec le président américain», a renchéri M. Legault.

Au Québec, la situation est «sous contrôle», et elle le demeurera même si la situation venait à s’envenimer de façon importante, a assuré la ministre de la Santé, Danielle McCann. «On a 1000 lits de soins intensifs et 18 000 lits d’hospitalisation au Québec. On est en mesure de débloquer 6000 lits en cessant par exemple les chirurgies électives», a-t-elle insisté.

Le réseau parallèle d’urgence dédié au dépistage du nouveau coronavirus compte maintenant 22 cliniques désignées à travers la province. Le gouvernement prévoit en ajouter encore neuf de plus pour porter le total à 31 lieux de dépistage.

Environ 1800 personnes ont déjà été embauchées et déployées en renfort dans le réseau de la santé. Pas moins de 10 000 CV de personnes qualifiées ont été reçus.

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