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16:26 19 mars 2020 | mise à jour le: 19 mars 2020 à 22:35

Coronavirus: Québec allonge 2,5 G$ pour soutenir les entreprises fragilisées

Coronavirus: Québec allonge 2,5 G$ pour soutenir les entreprises fragilisées
Photo: Josie Desmarais/MétroLe ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon

Québec a annoncé jeudi un programme «d’urgence» de 2,5 G$ pour soutenir les entreprises qui pourraient faire face à «des problèmes de liquidités» dans la foulée de la crise du coronavirus. Dû au confinement et à l’isolement d’une bonne partie de la population, celle-ci a eu des impacts «négatifs» considérables sur les recettes des commerces, reconnaissent les autorités.

«La situation est exceptionnelle. On parle d’impacts économiques qu’on n’a pas vus depuis très longtemps», a expliqué jeudi le ministre de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon.

Chaque dirigeant d’entreprise pourra faire la demande d’un prêt d’un minimum de 50 000$ à des «taux très avantageux» pour soutenir son fonds de roulement. C’est Investissement Québec (IQ) qui gérera l’ensemble des demandes.

Jeudi, en fin d’après-midi, environ 600 demandes de financement avaient déjà été soumises à l’organisme. Le ministre Fitzgibbon n’exclut pas d’augmenter les budgets nécessaires au besoin, avec le temps. «S’il en faut plus, on en aura plus. On est en mode solution», promet-il.

Pour permettre «une plus grande efficacité», les mesures annoncées s’intégreront aux programmes d’assistance déjà en place. Malgré tout, chaque demande d’aide sera soumise à des critères stricts. Pour être admissibles, les entreprises devront entre autres faire la démonstration d’un lien de cause à effet avec l’épidémie du coronavirus, en plus de démontrer une viabilité «post-pandémie».

«Ce n’est pas l’apocalypse. Nous allons traverser l’épreuve.» -Pierre Fitzgibbon, ministre de l’Économie, reconnaissant toutefois que le gouvernement ne pourra pas sauver «toutes les entreprises»

Les PME, premières victimes du coronavirus

Dans le contexte économique actuel, ce sont les plus petits groupes commerciaux qui subiront le plus de difficultés, d’après le gouvernement Legault. Ce dernier entend prioriser ce secteur d’activité, particulièrement à l’extérieur des grands centres urbains.

«Il y a beaucoup d’établissements en régions où il y a une très grande vulnérabilité. On veut travailler sur le filet social, sur les pertes d’emploi, alors que beaucoup d’entreprises vont devoir fermer», juge M. Fitzgibbon.

D’après le ministre des Fiances, Éric Girard, il était essentiel que le Québec «s’harmonise» avec les mesures fiscales annoncées hier par le gouvernement Trudeau. Ottawa injectera 27 G$ pour offrir un «soutien direct» aux entreprises affectées par la crise du coronavirus, ainsi qu’une somme de 55 G$ pour les «besoins en liquidités» des foyers canadiens. Au total, les 82 G$ investis représentent 3 % du PIB canadien.

«Avec l’annonce d’aujourd’hui, notre support à l’économie totalise près de 11 G$, soit 2,5% du PIB du Québec. C’est une bonne chose. On va procéder par étapes, parce qu’on veut bien calibrer nos interventions», insiste M. Girard.

Appel à l’achat local, un soutien pour le Cirque

Le premier ministre François Legault a pour sa part invité les Québécois à acheter des produits 100% faits au Québec, incluant les achats faits en ligne. «Plus que jamais, il faut être capable d’encourager nos entreprises. C’est primordial si on se veut donner toutes les chances de passer au travers de la crise du coronavirus», fait valoir le chef du gouvernement.

«La priorité demeure la santé, mais il ne faut pas négliger une autre bataille importante: la bataille économique.» -François Legault, premier ministre du Québec

Même son de cloche pour Pierre Fitzgibbon. «On doit se serrer les coudes et acheter localement quand c’est possible. C’est une forme de solidarité», argue-t-il.

L’élu de la CAQ a aussi promis de venir en aide au Cirque du Soleil, qui a annoncé jeudi le licenciement temporaire de 95% de ses effectifs en raison de l’interruption de ses spectacles.

«Pour l’instant, on regarde le côté court terme […] pour être sur que les liquidités après les mises à pied vont être suffisantes. S’il y avait un besoin propre pour l’entreprise, on verra par la suite», assure le ministre.

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