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13:35 31 mars 2020 | mise à jour le: 31 mars 2020 à 22:23

Coronavirus: le gouvernement canadien déploie finalement des avions en Inde

Coronavirus: le gouvernement canadien déploie finalement des avions en Inde
Photo: 123RF

Le gouvernement Trudeau enverra finalement des avions au cours des prochains jours afin de rapatrier les Canadiens bloqués en Inde dans des conditions difficiles en raison de la crise du coronavirus. L’organisation de ce rapatriement récolte toutefois des critiques.

Le gouvernement canadien a envoyé dans les dernières heures un courriel aux Canadiens coincés en Inde. Cette communication, que Métro a pu consulter, indique qu’Ottawa a organisé plusieurs «vols spéciaux» au départ de l’Inde en direction du Canada, avec une correspondance à Londres, au Royaume-Uni.

Il s’agit de quatre vols en partance de Delhi et de deux autres de Mumbai. Ceux-ci auront lieu entre le 4 et le 7 avril. Ottawa indique que les Canadiens qui ont des symptômes du coronavirus se verront refuser l’entrée à bord de ces avions.

L’Inde, qui compte 1,3 milliard d’habitants, a ordonné mardi dernier un confinement obligatoire à l’ensemble de sa population pour 21 jours. Ainsi, tous les commerces et services non essentiels ont fermé leurs portes et les transports publics sont mis sur pause. Les épiceries, les pharmacies et les hôpitaux demeurent toutefois ouverts.

Plusieurs Québécois actuellement coincés en Inde ont d’ailleurs fait état à Métro de leur crainte d’un éventuel manque de nourriture alors que les étagères des marchés semblent se vider dans certains secteurs.

«Certaines épiceries ont fermé parce qu’elles avaient de la difficulté à trouver des produits frais», évoque Rémi Dion, un Montréalais en échange étudiant en Inde depuis janvier. 

Assez d’avions?

En date de mardi, Affaires mondiales Canada recensait plus de 27 300 Canadiens en Inde.

«Il y a beaucoup d’incertitudes pour les vols. Est-ce qu’il va y en avoir assez?», questionne Rémi Tremblay, un homme originaire de Brossard qui se trouve actuellement dans la région de Goa.

Dans les dernières semaines, le nombre de vols à l’international a connu une chute libre, rendant le retour à la maison particulièrement difficile pour de nombreux Canadiens. Hier, Air Canada a annoncé qu’elle réduira de 85 à 90% sa capacité pour les prochains mois en raison de la crise du coronavirus.

Retour dispendieux pour les Canadiens en Inde

Par ailleurs, le courriel du gouvernement canadien souligne que le prix d’un billet pour les vols proposés «est estimé à environ 2900 $»C’est près de trois fois la valeur d’un aller simple entre l’Inde et Montréal en temps normal.

«C’est quand même un peu exagéré», constate Mathilde Lafortune. La Montréalaise de 23 ans est en Inde depuis le début du mois de mars. Elle se trouve actuellement dans un hôtel de Rishikesh, à 7h de Delhi vers le nord, où elle est en confinement par crainte pour sa sécurité en raison «l’intolérance qui monte» à l’égard des étrangers. 

Sur le groupe Facebook «Canadians stuck in India», qui compte plus de 600 membres, plusieurs personnes envisagent de décliner l’offre du gouvernement canadien en raison de la facture qu’elle implique. Ils pourraient alors tenter de revenir au pays par leurs propres moyens dans quelques semaines, si possible.

«Il y a beaucoup de gens qui se demandent si ça en vaut vraiment la chandelle parce qu’il y en a qui sont dans une situation incertaine, mais stable», affirme M. Dion. 

Par courriel, Air Canada a confirmé à Métro qu’elle assurera les segments entre Londres et quatre villes canadiennes, dont Montréal et Toronto. C’est toutefois un autre transporteur qui opérera les vols entre l’Inde et le Royaume-Uni. L’entreprise indique ainsi ne pas avoir de contrôle sur le prix final que devront débourser les Canadiens pour revenir au pays.

Transport terrestre complexe

Le gouvernement fédéral propose d’ailleurs aux Canadiens de faire affaire avec un certain fournisseur de services privé «afin d’éviter des difficultés pour se rendre à l’aéroport». 

Cette option n’a toutefois pas été offerte à M. Dion, qui se trouve à Chennai, dans le sud de l’Inde, «à 24 heures de route de Mumbai». Plusieurs Canadiens pressent d’ailleurs Ottawa de trouver des moyens d’assurer le retour de leurs citoyens qui se trouvent actuellement dans le sud de l’Inde. 

«On dirait que le Canada a fait la moitié du travail.» -Rémi Dion

«Nous continuons de travailler avec les autorités locales en Inde pour coordonner le transport des Canadiens qui doivent se rendre à Delhi ou à Mumbai pour prendre leur vol», a indiqué par courriel en fin de soirée mardi Affaires mondiales Canada.

 

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