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10:18 11 août 2020 | mise à jour le: 11 août 2020 à 15:40 temps de lecture: 3 minutes

Tragédie de Granby: «des manquements à toutes les étapes» selon la CDPDJ

Tragédie de Granby: «des manquements à toutes les étapes» selon la CDPDJ
Photo: Archives MétroLa mort de la jeune fille de Granby a provoqué une vague d'émotions dans tout le Québec

La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse (CDPDJ) conclut à des «manquements» des services publics à toutes les étapes du processus clinique et légal dans la mort d’une fillette de 7 ans en 2019 à Granby.

«Combien d’enfants devrons-nous encore pleurer, combien d’enfants allons-nous laisser être victimes de maltraitance, victimes de notre tendance à banaliser l’inacceptable? Quand notre système de protection, au-delà des mots, prendra-t-il le parti des enfants et de leurs droits?» a déclaré dans un communiqué Suzanne Arpin, vice-présidente de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.

Le rapport d’enquête de la CDPDJ sur la tragédie de Granby, rendu public mardi, contient également une série de recommandations pour éviter qu’un tel drame ne se reproduise.

Recommandations de la CDPDJ après le drame de Granby

La Commission recommande notamment que l’obligation d’une évaluation du lien d’attachement soit systématiquement réalisée et soit inscrite dans la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ), «lorsque les délais maximaux de placement sont atteints et qu’un changement de projet de vie est envisagé».

La Commission insiste également pour que le point de vue de l’enfant soit «entendu et pris en compte».

«Cela implique que l’enfant soit rencontré régulièrement, qu’il soit vu physiquement et qu’il puisse s’exprimer librement et confidentiellement auprès des personnes qui interviennent auprès de lui», peut-on lire dans un communiqué transmis aux médias.

Il est également recommandé que le ministère de la Santé et des Services Sociaux se penche sur les conditions de travail des intervenants auprès de la jeunesse, afin de réduire les problèmes de recrutement et de rétention de personnel.

Une formation mieux adaptée à la Loi de la protection de la jeunesse (LPJ) est également demandée.

On suggère également de revoir les critères d’accréditation des Centres de la petite enfance (CPE) et d’y inclure des exigences en lien avec la LPJ.

«Les DPJ doivent pouvoir recevoir des signalements de ces personnes qui sont directement en contact avec les enfants», indique le rapport.

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a dit accueillir favorablement les recommandations de la CDPDJ.

«Je prends bien acte des recommandations fournies par la Commission, et j’entends m’assurer de leur mise en œuvre, car il faut absolument éviter que cette situation ne se reproduise. Nous n’avons d’ailleurs pas attendu ces conclusions pour agir rapidement à la suite de cette terrible tragédie, notamment en réduisant les listes d’attente et en embauchant de nouvelles ressources», a-t-il dit dans un communiqué.

Rappel

La jeune fille était victime de mauvais traitements de la part de ses parents et était suivie par la Directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) lorsqu’elle est décédée en 2019.

Sa mort a mené à la création d’une commission dirigée par Régine Laurent, qui doit mener à une refonte en profondeur du système de protection de la jeunesse québécois.

Les commissaires doivent soumettre leurs recommandations finales au plus tard le 30 novembre 2020.

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