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12:26 31 août 2020 | mise à jour le: 31 août 2020 à 16:44 temps de lecture: 4 minutes

Statue de Macdonald: «pas à un petit groupe de décider», tonne Trudeau

Statue de Macdonald: «pas à un petit groupe de décider», tonne Trudeau
Photo: Vanessa Hébert/MétroDéboulonnée depuis, la statue de John A. Macdonald a souvent été vandalisée.

Il faudra un «débat informé» avant de déboulonner officiellement les statues de personnages controversés, comme celle de John A. Macdonald, croit le premier ministre Justin Trudeau. Comme de nombreux politiciens, ce dernier dénonce les actes de «vandalisme» perpétrés cette fin de semaine à Montréal.

Selon l’élu libéral, le démantèlement de la statue de l’ex-premier ministre canadien ne permet pas de faire avancer la plus large réflexion sur la «discrimination systémique» au Québec et au Canada.

«Ce n’est pas à un petit groupe de décider unilatéralement. Il faut qu’on ait des débats informés», a martelé M. Trudeau lors d’un point de presse organisé dans la métropole québécoise.

Le premier ministre se dit en accord avec la mairesse de la Ville, Valérie Plante. Celle-ci s’était «fermement» opposée cette fin de semaine au déboulonnage de la statue, située à la Place du Canada. «Je réitère que je privilégie de les mettre en contexte plutôt que de les retirer», avait écrit la mairesse sur Twitter samedi.

Le monument à John A. Macdonald n’en est pas à son premier acte de vandalisme. Souvent aspergé de peinture rouge au cours des années, celui-ci a été entièrement déboulonné et mis à terre par des manifestants, samedi.

Les services publics montréalais n’ont toujours pas réinstallé la statue.

Même Pierre-Elliott Trudeau?

Lundi, le premier ministre Trudeau n’a pas dit non à une potentielle mise au rancard de certains monuments historiques. Cela passera toutefois par une discussion au sein de la classe politique.

Premier premier ministre canadien, Sir John A. Macdonald est aussi connu pour avoir approuvé la mise sur pied des pensionnats autochtones, lesquels ont depuis été reconnus comme ayant tué des milliers de jeunes issus des Premières Nations. C’est aussi lors de son mandat que l’activiste et politicien métis Louis Riel sera exécuté.

«C’était notre premier premier ministre, mais nous nous devons de reconnaître là où il y a eu des actes inacceptables», a admis lundi le premier ministre Trudeau.

Les autres premiers ministres qui se sont succédé au pouvoir depuis Macdonald ne sont pas non plus à l’abri, a-t-il convenu.

«Je pense qu’on peut aussi poser la question par rapport à mon père [l’ex-premier ministre Pierre-Elliott Trudeau]. Tous nos leaders du passé ont fait beaucoup de bonnes choses, mais aussi des erreurs.» – Justin Trudeau, premier ministre du Canada

L’aéroport international de Montréal porte le nom du paternel de l’actuel premier ministre.

Pas en Alberta

Le premier ministre du Québec, François Legault, a lui aussi fait savoir son avis sur le démantèlement de la statue de Macdonald, lundi, après y avoir réagi sur les réseaux sociaux. Il refuse de se plier aux demandes de son homologue albertain, Jason Kenney, qui a demandé de rapatrier la statue dans sa province.

«Il n’est pas question de l’envoyer en Alberta, a soutenu M. Legault lors de son point de presse hebdomadaire sur le coronavirus. Ce n’est pas vrai qu’une poignée de personnes va commencer à démolir ce qui fait partie de notre histoire. On va la restaurer et la remettre en place.»

Une décision qui revient au final à la Ville de Montréal. Lundi, répondant à des questions d’un citoyen en séance extraordinaire du conseil municipal, elle a convenu que la statue ne reprendrait pas sa place dans l’immédiat.

«On a demandé aux spécialistes de la Ville de l’analyser parce que comme on le sait, cette statue-là a été vandalisée à de nombreuses reprises avec de la peinture et ça a eu un impact sur la statue», a-t-elle laissé tomber.

«Je veux profiter du fait que la statue est entreposée à la Ville de Montréal pour l’analyser avec une équipe pluridisciplinaire, un peu comme ce qui a été fait avec la rue Amherst, qui est devenue Atateken.» – Valérie Plante, mairesse de Montréal

– Avec la collaboration d’Alice Chiche et de Zacharie Goudreault

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