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17:46 13 septembre 2020 | mise à jour le: 18 septembre 2020 à 11:27 temps de lecture: 3 minutes

Crise d’Octobre: Frédéric Bastien réclame des excuses de Justin Trudeau

Crise d’Octobre: Frédéric Bastien réclame des excuses de Justin Trudeau
Photo: Pablo Ortiz/MétroLe candidat à la chefferie du PQ, Frédéric Bastien

Dimanche matin, le candidat à la chefferie du Parti québécois, Frédéric Bastien, a tenu une conférence de presse aux côtés de Jocelyne Robert. L’historien a réclamé des excuses de la part du premier ministre, Justin Trudeau, pour l’emprisonnement de l’auteure pendant la crise d’octobre de 1970 alors qu’elle était enceinte.

La conférence de presse a eu lieu au centre Saint-Pierre à Montréal. Selon ce qui a été dit ce matin, Mme Robert était enceinte de sept mois et âgée de 22 ans au moment de son emprisonnement.

L’écrivaine appuie complètement la démarche de M. Bastien. Ce dernier a révélé que s’il était élu chef du PQ, le 9 octobre prochain, il avait l’intention de déposer une motion à l’Assemblée nationale. Cette motion exigerait deux choses: des excuses de la part de Justin Trudeau, mais aussi le déclassement des archives portant sur la crise d’Octobre.   

Le témoignage de Mme Robert

Dimanche, il s’agissait de la première fois que Mme Robert parlait publiquement de toute cette histoire, qu’elle a définie comme étant «une réelle infamie historique». Selon ses dires, elle s’est fait arrêter lors d’une troisième perquisition chez elle. L’écrivaine a révélé avoir passé 24 heures en cellule. Elle dit avoir subi lorsqu’elle était en prison un examen gynécologique qui l’a traumatisée.

«J’ai eu honte et je me sentais comme une victime de viol.» – Jocelyne Robert, emprisonnée pendant la crise d’octobre.

Selon elle, des excuses ne viendraient pas effacer le traumatisme collectif ni le traumatisme personnel, mais pourraient faire comprendre aux gens à quel point cette période de l’histoire québécoise représente une inhumanité en règle. L’auteure a aussi tenu à mentionner que la requête de Frédéric Bastien devrait être soutenue par tous les partis politiques. Peu importe les allégeances politiques d’une personne, elle estime qu’il est impossible de ne pas reconnaître cette bavure historique.

Des reproches envers la GRC

En lien avec son travail d’historien, M. Bastien a mené des recherches sur la crise d’Octobre de son côté. Il dit avoir récemment fait des demandes d’accès à l’information auprès de la GRC. Son but était d’obtenir des documents concernant une opération policière qui a eu lieu le 21 juin 1970 dans deux repères felquistes.

Selon le candidat à la chefferie du PQ, la GRC a atteint un niveau de censure inégalé en refusant de lui confirmer si elle détenait bel et bien ou non des documents en lien avec cette affaire.

«On atteint un niveau de censure inégalé, c’est orwellien. Dans toute ma carrière de chercheur, que ce soit en France, en Grande-Bretagne, aux États-Unis, au Québec ou en Alberta, je n’ai jamais reçu ce genre de réponse.» – Frédéric Bastien, candidat à la chefferie du PQ.

L’arrestation de 497 personnes, dont Jocelyne Robert, s’est faite à la suite des événements d’octobre 1970. Le manque d’information que les fédéraux possédaient sur le FLQ avant la crise d’Octobre aurait justifié leur décision de procéder aux arrestations. Cependant, M. Bastien veut savoir ce qu’ils savaient vraiment. Il leur reproche de potentiellement cacher quelque chose.

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