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16:16 14 septembre 2020 | mise à jour le: 14 septembre 2020 à 16:59 temps de lecture: 5 minutes

Rentrée scolaire: un syndicat d’enseignants se tourne vers les tribunaux

Rentrée scolaire: un syndicat d’enseignants se tourne vers les tribunaux
Photo: 123RF/Oksana KuzminaLa rentrée scolaire suscite des inquiétudes chez plusieurs parents et enseignants.

Alors que plusieurs éclosions de coronavirus ont eu lieu dans des écoles du Québec depuis la rentrée scolaire, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a déposé lundi un recours devant les tribunaux pour obtenir plus d’informations sur la lutte contre la pandémie.

La demande a été déposée devant la Cour supérieure. Le syndicat, qui compte près de 49 000 membres, espère que les tribunaux forcent la main au gouvernement Legault afin qu’il lui fournisse les documents qui ont justifié son plan pour la rentrée scolaire, présenté le mois dernier. Il presse aussi Québec de mettre en place un système de dépistage accéléré de la COVID-19 en milieu scolaire.

Port du masque

Pour appuyer sa cause, la FAE se base sur un rapport réalisé à la fin août par l’épidémiologiste et chargée d’enseignement à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Nimâ Machouf. Ce rapport remet en question plusieurs décisions prises par le gouvernement Legault dans le cadre de la rentrée scolaire.

Québec a notamment décidé de rendre obligatoire le port du masque dans les lieux publics des écoles. Pour les élèves, cette mesure s’applique à partir de 5e année du primaire. Ceux-ci peuvent toutefois retirer leur couvre-visage une fois en classe. Or, «le risque de transmission est beaucoup plus élevé lors de contact prolongé en milieu clos, donc en classe», souligne Mme Machouf. Celle-ci propose donc «d’alterner le port du masque dans les classes sur des périodes de 30 minutes par exemple, de manière à ce qu’en tout temps la moitié des élèves portent un masque».

L’experte s’oppose aussi au fait que les élèves n’auront pas à respecter la distanciation physique entre eux en classe, ce qui pourrait aussi contribuer à la propagation du coronavirus.

«On essaie de comprendre sur quoi s’est basé le gouvernement pour prendre ces décisions», explique à Métro le directeur général de la FAE, Sylvain Mallette. Ce dernier affirme avoir reçu des documents «caviardés» après avoir demandé ces informations au ministère de l’Éducation. Le syndicat a donc décidé de se tourner vers les tribunaux pour obtenir des réponses.

À l’écoute de la Santé publique

Appelé à réagir à ce recours devant les tribunaux, le cabinet du ministre de l’Éducation assure que le plan de la rentrée scolaire se fie aux recommandations de la Santé publique.

«Le gouvernement maintient son objectif de garder un équilibre entre le risque de contamination et la présence des jeunes à l’école. Nous l’avons dit à plusieurs reprises: nous ne ménageons aucun effort pour assurer la santé et la sécurité des élèves et des enseignants durant cette rentrée scolaire et pour la suite», affirme à Métro l’attaché de presse du ministre Roberge, Francis Bouchard.

Dépistage

La FAE déplore par ailleurs des lacunes dans le système de dépistage en milieu scolaire. M. Mallette affirme notamment que des enseignants qui ont subi un test de dépistage à la suite d’une éclosion de coronavirus dans leur école ont dû attendre jusqu’à cinq jours avant d’obtenir un résultat. Une situation qui retarde selon lui la mise en place de mesures pour circonscrire des éclosions de coronavirus lorsque celles-ci surviennent dans des établissements scolaires.

«C’est l’effet domino. Ça peut entraîner une rupture de l’offre de services éducatifs», soulève M. Mallette. Ce dernier critique en outre la décision prise par Québec la semaine dernière de suspendre la mise à jour de sa liste des cas de COVID-19 dans les écoles de la province après que celle-ci ait fait l’objet de critiques pour son inexactitude.

«On lutte contre un virus et on ne sait pas où le virus se trouve. C’est inacceptable.» -Sylvain Mallette, directeur général de la FAE

Au cabinet du ministre Roberge, on assure que le gouvernement «fait du dépistage dans les écoles l’une de ses grandes priorités dans la gestion de la pandémie de la COVID-19».

«À titre d’exemple de mesure mise en place, chaque école est déjà attitrée à un centre de dépistage, en plus d’être en lien avec sa Santé publique de façon régulière», note Francis Bouchard. Ce dernier indique par ailleurs que Québec travaille «sans relâche» en vue de mettre à jour la liste des écoles qui rapportent des cas de coronavirus.

Selon les données de COVID Écoles Québec, un groupe citoyen mis en place par le père de famille Olivier Drouin, plus de 270 écoles rapportent au moins un cas positif de coronavirus. Un nombre qui n’a cessé d’augmenter dans les derniers jours.

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