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15:03 16 septembre 2020 | mise à jour le: 16 septembre 2020 à 15:03 temps de lecture: 3 minutes

Blocage des transferts en logement: «pas parce qu’on fait nos difficiles»

Blocage des transferts en logement: «pas parce qu’on fait nos difficiles»
Photo: Josie Desmarais/MétroLe premier ministre François Legault

La pression des maires et mairesses du Québec pour obtenir une entente dans le versement des fonds fédéraux en logement s’intensifie. Aux yeux du premier ministre François Legault, la faute revient à son homologue fédéral, qui «s’obstine» toujours, trois ans plus tard.

Immobilisés à Ottawa depuis 2017, les fonds fédéraux en logement s’élèvent à plus de 1 G$. Le mois dernier, Métro apprenait d’une source bien au fait du dossier que Québec venait de déposer une nouvelle offre.

La ministre en charge des négociations au Québec, Andrée Laforest, soutient pour sa part qu’elle fait de ces discussions une priorité automnale. Or, le fédéral doit s’engager à «reconnaître [la] compétence provinciale, relativise l’élue.

En mêlée de presse mercredi au parlement, le premier ministre a fustigé l’attitude du fédéral dans ces négociations.

«C’est un champ de compétence des provinces puis je ne vois pas pourquoi Justin Trudeau s’obstine à vouloir contrôler puis demander des redditions de comptes qui sont exagérées», a commenté M. Legault. Il réagissait ainsi aux propos du maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, qui a exigé une entente au plus vite dans les pages de La Presse, mercredi matin.

«C’est un dossier qui traîne depuis plusieurs années. Ce n’est pas parce qu’on fait nos difficiles.» – François Legault, premier ministre du Québec

Selon lui, l’ex-premier ministre Philippe Couillard, «qui n’était peut-être pas le plus exigeant pour respecter l’autonomie du Québec, n’avait pas accepté les exigences d’Ottawa».

Trois ans de négos

Au dépôt de sa Stratégie nationale sur le logement, en 2017, Ottawa promettait de s’entendre avec chaque province et territoire afin de lui allouer une somme pour le développement de logements.

Ceux-ci sont immobilisés depuis le lancement du programme parce que les homologues des Communes et de l’Assemblée nationale ne parviennent pas à s’entendre.

Les autre provinces canadiennes ont déjà obtenu les fonds promis.

À Montréal, les campements de fortune se sont accumulés cet été aux abords de la rue Notre-Dame. Les personnes en situation d’itinérance qui s’y sont installées demandent pour la plupart l’ajout de logements au parc immobilier de la Ville.

Lors de sa rencontre avec le premier ministre lundi, la mairesse de Montréal, Valérie Plante, a d’ailleurs abordé la question des fonds fédéraux avec son interlocuteur. Déjà, au début de l’année, l’élue avait lancé un cri du coeur pour enfin voir la couleur de cet argent. «L’heure est à l’urgence», s’était-elle insurgée.

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