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14:09 28 septembre 2020 | mise à jour le: 28 septembre 2020 à 16:35 temps de lecture: 4 minutes

L’après COVID-19: le Bloc mise sur une relance verte

L’après COVID-19: le Bloc mise sur une relance verte
Photo: François Carabin/MétroYves-François Blanchet

Le plan de relance COVID-19 du Bloc québécois, dévoilé lundi matin, mise notamment sur une relance verte, axée sur les régions et les richesses naturelles du Québec. Presque le tiers des 28 pages détaillées du plan concerne l’environnement.

Il faut miser sur la recherche et l’innovation dans les institutions d’ici, selon Yves-François Blanchet, chef du Bloc. Ainsi que sur le recours à une énergie propre, renouvelable à l’infini, «par le tissu unique des PME québécoises.»

Biomasse, éolien, solaire, hydroélectricité et géothermie pourraient selon lui alimenter de façon durable le progrès au Québec, voire «en faire un modèle».

«La relance passe par l’investissement dans la transformation au Québec des richesses naturelles du Québec: forêt, aluminium, mines… » – Yves-François Blanchet.

L’échec, selon le Bloc québécois, serait une reprise économique accompagnée d’une nouvelle hausse des émissions de gaz à effet de serre. Le parti souhaite d’ailleurs voir l’adoption d’une loi-cadre sur le climat qui obligerait le fédéral à respecter ses cibles de réduction de gaz à effet de serre prévues dans l’Accord de Paris.

Repenser le modèle actuel

Pour Blanchet, il faudrait cesser d’investir, par subvention ou par des avantages fiscaux, dans les énergies fossiles de l’Ouest canadien au profit de la transition énergétique.

Il souhaite éliminer la déduction fiscale pour les frais d’aménagement au Canada, accordée aux sociétés pétrolières, gazières et charbonnières. L’idée serait plutôt de favoriser les bons joueurs en matière d’environnement, notamment en appliquant une taxe carbone pour les provinces émettant plus de gaz à effet de serre que la moyenne canadienne. On reverserait cette taxe aux provinces polluant moins que la moyenne.

On doit voir la fin du modèle de dépendance aux hydrocarbures tel qu’on le connaît, selon lui. Il propose même de réfléchir à la mise en place de fonds régionaux de développement, ou encore des fonds sectoriels.

Les projets des libéraux

M. Blanchet a comparé son programme à celui, jugé moins concret, présenté par le gouvernement Trudeau.

«Je vous invite à comparer ce plan étoffé à l’imprécision parfois nuisible du discours du Trône», a lancé M. Blanchet.

Le plan libéral évoque le lancement d’un nouveau fonds pour attirer les investissements dans la fabrication de produits zéro émission, ainsi que la réduction de moitié du taux d’imposition des sociétés pour ces entreprises. Le gouvernement Trudeau a dit viser l’objectif canadien de zéro émission nette d’ici 2050.

Dès l’an prochain, Trudeau souhaite interdire les plastiques à usage unique nocifs. 

Son gouvernement veut aussi aller de l’avant avec le Fonds pour l’énergie propre, notamment avec des projets comme la boucle de l’Atlantique, qui permettra selon lui de fournir les surplus énergétiques à des communautés qui délaissent le charbon.  

Pour lutter contre les changements climatiques, le gouvernement dit vouloir «se tourner vers des solutions naturelles, comme la plantation de 2 milliards d’arbres.» Un article de La Presse révélait plus tôt ce mois-ci qu’aucun arbre n’avait encore été planté malgré une promesse similaire faite lors de la dernière campagne électorale fédérale.

Santé, PCU, multinationales d’Internet

L’environnement est le gros morceau de ce plan de relance en forme de programme électoral. Mais la santé et les aînés sont aussi concernés.

Blanchet y réclame une contribution fiscale des multinationales d’Internet, ainsi qu’une réforme de l’assurance-emploi.

Il souhaite également le transfert des sommes fédérales pour le déploiement d’Internet sur l’ensemble du Québec. Et une aide financière plus importante aux aînés.

Le Bloc veut finalement augmenter à 35 %, sans condition, la contribution fédérale dans les transferts en santé, son cheval de bataille, et accorder aux prestataires non frauduleux de la PCU une amnistie de 8 mois sur les pénalités et intérêts des impôts à payer.

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