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11:55 4 octobre 2020 | mise à jour le: 4 octobre 2020 à 11:55 temps de lecture: 3 minutes

Annamie Paul prend les rênes du Parti vert du Canada

Annamie Paul prend les rênes du Parti vert du Canada
Photo: Capture d'écranAnnamie Paul prend les rênes du Parti vert du Canada et devient la première femme noire élue à la tête d'un parti national.

Annamie Paul devient la première femme noire élue à la tête d’un parti national. Parmi les chevaux de bataille de la nouvelle cheffe du Parti vert du Canada, on trouve la transition verte, mais également la diversité et le racisme systémique. 

«C’est un moment historique pour le Parti vert. Nous faisons une chose qui n’a jamais été faite dans la politique canadienne», s’est réjouie Annamie Paul. Elle a remporté la victoire face à Dimitri Lascaris, au terme d’une course extrêmement serrée.

À 47 ans, l’avocate succède à Elisabeth May, dont le départ à la suite des dernières élections fédérales de l’automne 2019 a déclenché cette élection. 

«Je fais partie de la communauté noire et je suis une descendante d’esclaves, a poursuivi Annamie Paul lors de son discours de victoire. Comme beaucoup de Canadiens noirs, le colonialisme m’a volé mon identité originelle. »

Celle qui a déjà travaillé à la Cour pénale internationale souhaite notamment imposer une taxe carbone sur certaines importations afin d’atteindre le zéro émission en 2030.  Son programme vise aussi la gratuité des études postsecondaires, un revenu de base garanti, ainsi que l’implantation de mesures pour démanteler le racisme systémique. 

La diversité est aussi au cœur de son combat. 

Annamie Paul s’est ainsi présentée comme «une alliée» des Autochtones. Elle s’est dite «prête à soutenir et à suivre leurs dirigeants dans leurs appels à l’action et à la quête d’autodétermination». Elle a aussi salué les femmes ayant contribué à rendre son élection possible. 

«Face à ces défis sans précédent que sont l’urgence climatique et la pandémie, la question que l’on doit se poser est: que vaut une vie?», a-t-elle indiqué avant de qualifier son parti «d’avant-gardiste». Le seul «qui veut sauver l’avenir de notre planète.» 

Un pied dans la francophonie

En point de presse, la nouvelle cheffe du Parti vert, née à Toronto-centre, a qualifié les Québécois de «très progressistes». Elle a également fait part de ses intentions de «passer beaucoup de temps» au Québec. Elle visitait d’ailleurs la province quand la pandémie a frappé. 

«Le peuple québécois veut un vrai plan pour la crise climatique, et c’est le Parti vert qui l’offre. Il veut un vrai plan pour tisser et compléter notre filet social, et c’est le Parti vert qui l’offre. – Annamie Paul, nouvelle cheffe du Parti vert 

La nouvelle cheffe du Parti vert a mentionné l’importance de la langue française pour elle. 

«Je suis quelqu’un qui veut rassembler [les Québécois] vers les partis verts. Mes deux enfants font partie de la francophonie, et c’était une chose très importante pour moi en tant que mère.» 

Selon Annamie Paul, le Canada a besoin d’un leadership «audacieux et courageux». 

«Je suis forcée de constater que les autres partis sont à court d’idées originales, a-t-elle indiqué. J’ai écouté le Discours du Trône en espérant être inspirée, mais je n’y ai entendu que les mots creux d’un gouvernement intellectuellement épuisé.» 

Sur Twitter, les chefs des différents partis ont salué la victoire de Mme Paul. 

«Travaillons ensemble afin de protéger et de soutenir les Canadiens – et de bâtir un pays plus propre, plus sain et plus résilient pour tout le monde», a notamment écrit le premier ministre du pays, Justin Trudeau.

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