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Gilbert Rozon: la défense s’en prend au témoignage de la victime alléguée

Gilbert Rozon a témoigné aujourd'hui à son procès pour se défendre. Photo: Archives Métro

Le procès de Gilbert Rozon s’est poursuivi mercredi au Palais de justice de Montréal avec le témoignage de la victime alléguée. Lors de son contre-interrogatoire, les avocats du fondateur de Juste pour rire ont tenté de la déstabiliser en soulevant les différences entre son témoignage et sa déclaration faite aux policiers en 2017.

La plaignante, dont l’identité doit demeurer confidentielle, accuse Gilbert Rozon de l’avoir violée après une soirée dans un bar de Saint-Sauveur, 40 ans plus tôt.

«Je me souviens de la contrainte, de la domination, du pouvoir pour faire quelque chose que je ne voulais pas qu’il fasse», avait-elle raconté mardi devant la juge.

Mercredi matin, l’avocate Isabel Schurman l’a contre-interrogée sur l’absence des mots «oppression, domination, contrainte, restriction, pouvoir et insistance» dans sa déclaration aux policiers.

Ce à quoi la victime alléguée a répondu qu’on ne lui avait pas demandé ses sentiments, mais plutôt de relater les événements. «Les mots n’existent pas [dans la déclaration], mais je ne nie pas ce que j’ai dit», a-t-elle déclaré.

«Pouvez-vous confirmer que vous n’avez jamais dit aux policiers que vous avez demandé à Rozon d’arrêter?», lui a demandé maître Schurman.

La femme âgée de 60 ans a alors indiqué qu’elle ne se souvenait pas des paroles échangées à l’époque.

«Cette séquence n’est pas claire. Je sais que je voulais qu’il arrête. Je lui avais déjà dit. J’ai décidé que je ne me débattait plus et que j’en finissais avec ça. Comment je le dis, ce que je dis, je ne sais pas. Je peux juste vous dire que ce n’était pas une relation consentie de mon côté», a-t-elle poursuivi.

La victime alléguée de Gilbert Rozon a terminé son témoignage en réitérant qu’elle n’avait pas consenti à la relation sexuelle, qui aurait commencée alors qu’elle dormait encore.

Lendemain de soirée

Assis dans la salle d’audience, Gilbert Rozon a calmement écouté le contre-interrogatoire.

Le magnat déchu de l’humour est accusé de viol et d’atteinte à la pudeur pour un événement qui serait survenu en 1980 dans une maison de Saint-Sauveur. La victime alléguée était alors âgée de 20 ans et travaillait pour une station de radio des Laurentides lorsqu’elle a rencontré Gilbert Rozon.

Selon les détails racontés en cour, c’est après avoir passé la soirée en discothèque que l’accusé accepte de ramener la plaignante chez ses parents. Il décide toutefois de s’arrêter chez sa secrétaire pour récupérer des documents.

À l’intérieur de la demeure, Rozon aurait fait des avances à la jeune femme. «Il s’est comme jeté sur moi pour m’embrasser, a expliqué la victime alléguée. J’ai réagi, il y a eu du tiraillement, on s’est retrouvé au sol, un bouton de ma chemise a foutu le camp. Il a relevé ma jupe, je me suis débattue, je lui ai dit d’arrêter.»

Prétextant la fatigue, l’ancien patron de Juste pour rire a alors refusé de la raccompagner chez ses parents. Il a plutôt invité la victime présumée à dormir sur place.

Si elle s’était bien endormie seule et ne se sentait «pas en danger», Gilbert Rozon était sur elle à son réveil. «Il était déterminé à avoir des relations sexuelles», a-t-elle précisé.

Face à «l’oppression» de Gilbert Rozon, «la seule façon d’en sortir, c’est de le laisser faire» a-t-elle poursuivi en insistant sur le fait que le rapport sexuel n’était pas consenti.

L’avocat de la poursuite, Me Bruno Ménard, a proposé un deuxième témoin, une ancienne collègue de travail de la plaignante, ce à quoi la défense s’est opposée. La juge Mélanie Hébert a pris la question en délibéré. Le procès se poursuivra en après-midi.

Gilbert Rozon a toujours nié les accusations. Il témoignera au procès pour se défendre.

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