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05:00 25 octobre 2020 | mise à jour le: 25 octobre 2020 à 09:24 temps de lecture: 3 minutes

À quoi ça sert, l’Institut national de santé publique?

À quoi ça sert, l’Institut national de santé publique?
Photo: Sascha Schuermann/Getty Images

Créé il y a plus de 20 ans, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a vu son cahier de tâche s’épaissir depuis le début de la pandémie de COVID-19. Mais quel est son rôle, au juste? Explications.

L’INSPQ a vu le jour en 1998, lorsque l’Assemblée nationale a adopté la Loi constitutive sur l’Institut national de santé publique du Québec. La mesure législative donne à l’organisme un rôle de «soutien» envers le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Critiqué de ne pas avoir suivi certaines recommandations de l’Institut sur la gestion de la pandémie dans les écoles, le premier ministre François Legault avait tenu à tracer la ligne, le 13 octobre dernier.

«Il y a une différence entre l’INSPQ et la Santé publique. L’INSPQ c’est un organisme à part. Nous, on a suivi les recommandations de la Santé publique», a indiqué l’élu de la Coalition avenir Québec.

Quand il parle de «Santé publique», M. Legault fait référence à la Direction générale de la santé publique, une aile du ministère de la Santé et des Services sociaux. Quoique qualifié d’indépendant, son dirigeant, Horacio Arruda, occupe un poste de sous-ministre adjoint dans le système étatique québécois.

Quel rôle?

Vice-présidente aux affaires scientifiques à l’INSPQ, Jocelyne Sauvé convient qu’il peut y avoir confusion. «L’Institut n’est pas une autorité de santé publique. Ce qu’on fait, c’est qu’on éclaire les décisions de ces autorités. Donc oui, régulièrement, on dépose des dossiers sur le bureau de Dr Arruda. Des fois, ce sont des recommandations», précise-t-elle.

Munis de ces nouvelles connaissances, le directeur national de santé publique, fait ensuite une décision éclairée, laquelle sera présentée à un ministre ou un autre.

«On dit: au meilleur de notre jugement de santé publique, telle ou telle ou telle action pourrait réduire la propagation du virus. Le gouvernement analyse la faisabilité de ces actions-là et les met dans la balance avec des éléments économiques, sociaux…» – Jocelyne Sauvé, vice-présidente aux affaires scientifiques à l’INSPQ

En plus de jouer le rôle de directeur de santé publique, Dr Arruda siège au conseil d’administration de l’Institut. Une position régie par la loi. Selon la Loi sur l’INSPQ, le CA doit compter «cinq personnes en provenance du réseau de la santé et des services sociaux, dont deux directeurs de santé publique».

S’ajoutent d’ailleurs quatre personnes du secteur de l’éducation et quatre personnes «de différents secteurs socio-économiques».

«On est une organisation indépendante, observe Mme Sauvé. Le lien qui nous unit avec la direction de santé publique est un lien client-fournisseur. Ils nous posent des questions et on y répond. Des fois, ça fait leur affaire, des fois non.»

L’ère COVID-19

Jocelyne Sauvé constate que la pandémie de COVID-19 occupe plus que jamais l’Institut.

«La vaste majorité de ce qu’on propose est adopté quasiment tel quel», assure-t-elle.

Début-octobre, l’INSPQ avait proposé de réduire de moitié le nombre d’élèves physiquement présents dans les classes de secondaire 4 et 5. Finalement, Québec a réduit le nombre de jour en classe sans réduire la taille des groupes. Le masque, imposé partout au secondaire, ne faisait pas partie des priorités de l’Institut.

«Le ministre de l’Éducation y voyait des enjeux de faisabilité, avance Mme Sauvé. Et c’est tout à fait correct.»

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