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15:22 10 décembre 2020 | mise à jour le: 10 décembre 2020 à 16:04 temps de lecture: 4 minutes

Les enfants d’immigrants sans statut auront l’assurance maladie

Les enfants d’immigrants sans statut auront l’assurance maladie
Photo: Josie Desmarais/MétroLe ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, ainsi que le Dr Richard Massé, ont annoncé que jusqu’à 28 000 personnes pourraient être vaccinées d’ici le 4 janvier 2021.

Québec souhaite élargir la couverture de l’assurance-maladie aux enfants de parents immigrants sans statut. Le projet de loi du ministre Christian Dubé, s’il est adopté, pourrait toucher environ 4350 enfants annuellement.

Même s’ils sont nés au Québec, ces enfants ne sont toujours pas admissibles au régime public de la RAMQ du fait du statut migratoire de leurs parents.

Or, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, vient de déposer le projet de loi 83 afin d’élargir les conditions d’admissibilité de la majorité de ces enfants. «C’est une très bonne nouvelle», a-t-il déclaré lors d’un point de presse jeudi après-midi.

Le projet de loi répond notamment à plusieurs recommandations émise par le Protecteur du citoyen. «Notre plus grand désir est d’améliorer de manière notable et durable la santé des enfants qui se trouvent en sol québécois», a ajouté M. Dubé.

Nouvelle fronde pour la régulariser le statut des travailleurs essentiels

Plusieurs groupes réclament toutefois d’autres mesures pour les immigrants sans statut. Soutenue par des députés de l’opposition, la Coalition pour la régularisation des statuts, qui représente une quinzaine d’organismes, revendique une fois de plus l’éligibilité de tous les travailleurs essentiels au programme de régularisation des statuts d’immigration.

Québec a mis en place avec le fédéral un programme spécial pour les demandeurs d’asile.

Cependant, ce programme n’inclut pas les personnes sans statut et se limite aux demandeurs d’asile ayant prodigué des soins directement aux patients et aux personnes aînées durant la première vague. Par conséquent, cela exclu agents d’entretien et les agents de sécurité.

En novembre dernier, la ministre de l’Immigration, Nadine Girault, avait fermé la porte à la possibilité d’élargir le programme de régularisation des statuts à tous les «anges gardiens».

Mamadou Konaté

Mamadou Konaté est un de ces travailleurs essentiels menacés de déportation. Son histoire a suscité un vaste mouvement de soutien dans la population québécoise.

Faute de statut légal au Canada, M. Konaté a été arrêté en septembre dernier et placé en détention au Centre de surveillance de l’immigration (CSI) de Laval.

L’agent d’entretien en CHSLD lors de la première vague a depuis été libéré sous caution. Pourtant, il craint toujours d’être renvoyé dans son pays d’origine, la Côte d’Ivoire.

Mamadou Konaté, qui déplore la situation, plaide que d’offrir le programme de régularisation à certains employés seulement est injuste.

«Nous avons pris, tous, le risque ensemble. La chambre dans laquelle rentre l’infirmière, c’est la même chambre dans laquelle le préposé à l’entretien rentre. Il n’y a aucune différence. Même que le préposé à l’entretien peut rentrer plusieurs fois dans plusieurs chambres par jour», a-t-il déclaré.

Un cas parmi d’autres

Le cas de Mamadou Konaté est un parmi des milliers d’autres, a expliqué le porte-parole du Comité d’action pour les personnes sans statut (CAPSS), Frantz André.

M. André a lancé un cri du coeur au nom de tous ces demandeurs d’asile qui ont présentement la santé mentale fragile.

Par peur de se faire déporter, certains sont déjà retournés dans leur pays où leur vie est en danger.

«Je peux vous dire qu’il y a des gens présentement qui sont dépressifs, a-t-il affirmé. Nous devons continuer d’être solidaires.»

Pétition

Appuyée par Québec Solidaire, une pétition mise en ligne sur le site de l’Assemblée Nationale demandait à la ministre Girault d’agir en faveur de M. Konaté. Près de 2000 personnes l’ont signée. Le parti d’opposition a interpellé à plusieurs reprises le gouvernement caquiste à cet effet.

Appelé à réagir, le cabinet de la ministre Nadine Girault se dit «sensible» à la situation de Mamadou Konaté.

Toutefois, l’attachée de presse Florence Bouchon indique que les décisions qui le concernent relèvent exclusivement du gouvernement fédéral.

«Le certificat de sélection du Québec ne pourra être remis tant et aussi longtemps que le dossier de monsieur Mamadou Konaté sera en analyse au fédéral et qu’il ne sera pas dûment autorisé par le ministre fédéral à présenter une demande à cet effet», écrit-elle dans un courriel.

En collaboration avec François Carabin.

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