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17:48 11 décembre 2020 | mise à jour le: 11 décembre 2020 à 19:11 temps de lecture: 3 minutes

Partis d’opposition: petit guide pour traverser la pandémie

Partis d’opposition: petit guide pour traverser la pandémie
Photo: François Carabin/MétroL'assemblée nationale, à Québec

Éclipsés par la présence du «trio COVID-19» au printemps, les partis d’opposition à Québec sont revenus affamés à l’Assemblée nationale, en septembre dernier. Trois élus ont raconté à Métro leur expérience de la pandémie de l’autre côté du Salon bleu.

«Laissez le gouvernement faire son travail.» Des phrases comme celles-là, Pascal Bérubé en entend souvent.

S’il convient que le travail d’opposition est d’office un «travail particulièrement ingrat», le chef parlementaire péquiste ajoute que la pandémie a pu faire monter le cynisme à l’égard des trois formations d’opposition.

«Le gouvernement disposait de toutes les tribunes au printemps. Il était le seul maître du jeu et contrôlait tous les canaux d’information», évoque-t-il.

À la mi-mars, les députés d’opposition rentrent à la maison plus tôt que prévu en raison de l’ajournement des travaux parlementaires. Ils ne reviennent aux activités régulières qu’en mai. Entre-temps, le gouvernement apparaît quotidiennement dans les télévisions des Québécois.

«En temps de crise, la population se rallie autour du gouvernement», analyse la cheffe libérale, Dominique Anglade. L’élue considère d’ailleurs avoir rencontré un ton acrimonieux, par moment, au retour des oppositions en chambre.

«Le gouvernement était habitué de ne pas avoir d’opposition pendant la première vague. Je pense qu’ils ont suivi cette même erre d’aller.» – Dominique Anglade, cheffe du Parti libéral du Québec

Des centaines de courriels

Christine Labrie a aussi constaté un certain mépris «au moment du déconfinement», cet été. Or, selon la députée de Québec solidaire, cette époque est révolue.

«C’est plutôt le contraire en ce moment, relate-t-elle. On se fait solliciter encore plus que d’habitude. Les gens ne se sentent pas écoutés par leurs députés de la CAQ, donc ils vont nous contacter.»

«Il y a eu une prise de conscience massive des citoyens. Ils ont réalisé que les décisions prises ici ont un impact direct sur leur vie.» – Christine Labrie, députée de Sherbrooke

Les élus rejoints par Métro rapportent avoir reçu courriel après courriel cet automne pour poser des questions au gouvernement Legault.

«À partir du moment où les parlementaires peuvent poser des questions, le gouvernement l’a moins facile», avance M. Bérubé.

Si bien que le cynisme des Québécois s’est retourné vers le gouvernement, selon Christine Labrie. Dans un récent sondage, l’Institut Angus Reid rapportait que l’appui à la CAQ a fondu de 50% ce printemps à 37% en novembre.

Après de nombreuses joutes enflammées cet automne, Dominique Anglade croit avoir entendu un autre François Legault en fin de session parlementaire, vendredi.

«Je pense que le premier ministre s’est rendu compte lui-même qu’on n’a pas besoin d’être agressif en période de questions, il s’agit de répondre aux questions», observe-t-elle.

Le chef caquiste a accepté vendredi de rencontrer les élus d’opposition chaque semaine, cet hiver, pour les tenir au courant de la lutte au coronavirus. Les élus de l’Assemblée nationale reviendront en chambre le 2 février.

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