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13:01 14 janvier 2021 | mise à jour le: 14 janvier 2021 à 16:49 temps de lecture: 3 minutes

Vaccin: la deuxième dose peut attendre, statue Québec

Vaccin: la deuxième dose peut attendre, statue Québec
Photo: Josie Desmarais/MétroLe premier ministre du Québec, François Legault, accompagné du Dr Horacio Arruda et du ministre de la Santé Christian Dubé

Québec contredit l’avis du fédéral et permet l’administration de la deuxième dose du vaccin jusqu’à 90 jours après la première.

Le Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ) a décidé d’aller de l’avant avec un délai plus long, notamment parce que les doses arrivent lentement, a indiqué mardi le conseiller médical stratégique de la Santé publique, Richard Massé.

Pourtant, mardi, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI), l’agence indépendante fédérale en charge de faire ses recommandations sur le vaccin, avait fixé le délai préférentiel à 42 jours – soit six semaines.

«Ça ne veut pas dire qu’on va attendre jusqu’à 90 jours, mais on pourrait», a précisé Dr Massé jeudi.

«On vise a vacciner le plus de personnes vulnérables pour sauver des vies et réduire la pression sur notre réseau.» – Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Début janvier, des familles ont mis en demeure le gouvernement parce qu’il avait décidé de repousser l’administration du deuxième vaccin.

Pas de données

Selon Dr Massé, les études actuelles sur le vaccin ne fournissent pas de données probantes au-delà de six semaines. Il est donc impossible de conclure qu’un délai plus long entraînera des inconvénients.

«Il y a une condition qui a été mise de façon claire [par le fédéral]. C’est que, selon la situation épidémiologique, il peut y avoir des modifications en fonction du contexte», a-t-il affirmé.

Pfizer/BioNTech et Moderna, les deux entreprises qui fournissent les vaccins au Canada, demandaient d’attendre 21 jours et 28 jours respectivement.

«Si on a des doses et la capacité, on va réduire le délai», a précisé Richard Massé, jeudi.

Selon l’interniste au Centre hospitalier de l’Université de Montréal Quoc Dinh Nguyen, reporter la deuxième dose est la décision à prendre.

«Ce n’est pas une décision facile, convient-il. La chose la plus facile, c’est de dire qu’on n’a pas assez de données et qu’on va s’en tenir au statu quo

«Mais si on veut bien répondre à la pandémie, il va falloir faire des judgement call», poursuit ce professeur adjoint de clinique. Selon lui, il est arrivé à plusieurs reprises dans les dix derniers mois que Québec n’ose pas prendre la décision difficile, justement.

«Le plus grand exemple, c’est le délai pour les masques», constate-t-il.

Près de 500 000

Un mois après le début de l’opération de vaccination, Québec affirme avoir inoculé la plupart de ses CHSLD à l’aide d’une première dose.

Selon le «général» de la vaccination au Québec, Daniel Paré, le temps est maintenant venu d’accélérer l’opération dans les résidences privées pour aînés. Des doses arriveront d’ailleurs dans ces milieux le 25 janvier.

Le report de la deuxième dose pourrait avoir plusieurs autres avantages, croit M. Paré. «Le report nous permet d’aller chercher le plus possible les 70 ans et plus», a signifié M. Paré devant les journalistes.

Avec sa stratégie atypique, Québec souhaite libérer «près de 500 000 personnes» pour une première dose.

Un million de doses

Jeudi, le responsable de la vaccination au Canada, le major général Dany Fortin, a confirmé que les fabricants livreront environ un million de doses de vaccin par semaine à partir du mois d’avril.

Déjà cette semaine, près de 47 000 doses de Pfizer/BioNTech et 34 000 doses de Moderna doivent arriver en territoire québécois.

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