Ahuntsic-Cartierville
05:00 20 janvier 2021 | mise à jour le: 20 janvier 2021 à 21:24 temps de lecture: 4 minutes

Apparente diminution des nouveaux résidents en CHSLD en 2020

Apparente diminution des nouveaux résidents en CHSLD en 2020
Photo: Métro Média - Laurent LavoieLe Centre d’hébergement de Saint-Laurent a été durement touché par la pandémie.

Le nombre de nouveaux résidents accueillis dans les centres d’hébergement de longue durée (CHSLD) semble avoir légèrement diminué en 2020, selon des données du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) transmises à Métro Média.

Entre le 13 septembre et le 10 octobre, 1095 personnes ont été admises, comparativement à 1257 et 1252 lors de la même période dans les deux dernières années.

Plusieurs facteurs ont influencé ces chiffres, soutient le MSSS. Les nouveaux locataires en chambres multiples sont permis lorsque les mesures de prévention des infections peuvent être respectées. Les éclosions et la création de zones chaudes, tièdes ou froides sont également à considérer.

«On peut comprendre d’abord qu’il y a un intérêt moins marqué. Si vous êtes une personne âgée très malade, est-ce que ça vous tente vraiment d’être hébergée dans un CHSLD? Même en temps normal, il y en a qui hésitent», commente le porte-parole du Conseil de la protection des malades (CPM), Paul Brunet.

Il demeure toutefois difficile de dire s’il faut ralentir le nombre de nouveaux résidents et se tourner, par exemple, vers les soins à domicile.

«Si vous envoyez quelqu’un loin de chez lui ou loin de sa famille, évidemment, avec l’impossibilité de visiter, l’impression qu’on est abandonné doit augmenter dans l’esprit des gens, soutient M. Brunet. C’est une question de contexte, c’est une question de besoins.»

Questionnements

Le portrait à l’intérieur du réseau du Regroupement québécois des résidences pour aînés (RQRA) est légèrement différent. Une vague de nouveaux locataires arrive généralement à l’automne et 2020 n’a pas fait exception.

«Même s’il y avait des mesures pour les différentes zones [d’alerte], on permettait avec un circuit particulier les visites pour des gens qui souhaitaient s’en venir en résidence pour aînés, parce qu’une chose est sûre, les visites virtuelles, ça ne fonctionne pas», explique le président-directeur général du RQRA, Yves Desjardins.

Une certaine crainte est présente, alors que la pandémie n’a pas ménagé ces établissements. Sur les 1700 résidences du regroupement, 195 comptaient des infections la semaine dernière, selon les données du RQRA. Environ la moitié recensait trois cas ou moins.

«Les gens posent beaucoup plus de questions, bien sûr. Et encore aujourd’hui, les résidents qui y sont depuis quelques années, la question c’est toujours: ‘‘est-ce qu’on va être confinés’’?», relate M. Desjardins. Des mesures sévères sont appliquées, mais rien qui s’apparente à la première vague du virus où les visites et sorties étaient interdites, précise-t-il.

Marché immobilier

Les multiples éclosions dans les CHSLD et les résidences pour aînés se seraient fait sentir jusque dans les ventes de propriétés, selon le directeur du service de l’analyse du marché à l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), Charles Brant.

«On voit que les aînés sont plus réticents à vendre leur maison unifamiliale. Il y a une sorte d’attentisme de voir comment ça va se passer», indique M. Brant. Depuis environ deux ans, l’inventaire, soit le nombre de propriétés disponibles sur le marché, est à la baisse, précise-t-il.

Un sondage de l’APCIQ mené en octobre avec plusieurs partenaires visant à connaître les intentions des personnes âgées a d’ailleurs reflété un désir de vivre proche de sa famille.

2,5

En 2020, les maisons intergénérationnelles ont représenté environ 2,5% des transactions, selon l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec.

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