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13:57 18 janvier 2021 | mise à jour le: 18 janvier 2021 à 20:39 temps de lecture: 3 minutes

La mort d’un sans-abri sème l’émoi: «ça aurait pu être évité»

La mort d’un sans-abri sème l’émoi: «ça aurait pu être évité»
Photo: Josie Desmarais | Métro

La mort d’un sans-abri cette fin de semaine au centre-ville de Montréal secoue les élus d’opposition à l’Assemblée nationale. Avec des décisions différentes du gouvernement, «c’est un décès qui aurait pu être évité».

«C’est vraiment une mort atroce», lance d’emblée l’élue péquiste Véronique Hivon.

Raphaël André, 51 ans, est mort dans la nuit de samedi dans une toilette chimique tout près du centre-ville. L’homme était connu de la ressource en itinérance Open Door et la fréquentait régulièrement. C’est à quelques mètres de là qu’il a perdu la vie.

L’organisme reproche à Québec de lui avoir obligé de fermer ses portes à 21h30, ce qui aurait empêché à la victime de se trouver un abri pour la nuit. «Il faut écouter les ressources en itinérance. Je repose la question. Est-ce qu’on aurait pu éviter son décès s’il avait eu une exception?», s’interroge la députée libérale chargée des questions d’itinérance, Paule Robitaille.

«C’est un échec particulièrement dégradant pour la condition humaine.» – Alexandre Leduc, député de Québec solidaire

Véronique Hivon ne peut s’empêcher de croire qu’un meilleur suivi gouvernemental aurait pu éviter un drame.

«Quand on parle des effets indésirables du couvre-feu sur les personnes en situation d’itinérance… Il y a toutes sortes de craintes supplémentaires qui sont mises sur leurs épaules», poursuit Mme Hivon.

Exception

Depuis l’annonce d’un couvre-feu à la grandeur du Québec, circuler dehors après 20h est rendu pratiquement interdit. Malgré les demandes répétées des oppositions, les personnes en situation d’itinérance n’ont pas accès à une exception, ni à une amnistie.

C’est donc dire qu’elles doivent trouver un refuge avant 20h. Les policiers soutiennent qu’ils agissent dans une perspective d’accompagnement, pas de judiciarisation.

Vendredi dernier, en entrevue avec Métro, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, avait répété qu’il n’était «pas question» pour le moment d’exempter ces populations.

«On a un comité qui révise la situation du couvre-feu à tous les jours, avait toutefois assuré l’élu. Si on voit de plus en plus de complications, on pourra peut-être y penser.»

Le cabinet du ministre n’a pas fourni de commentaire supplémentaire, lundi, en raison de la tenue d’une enquête. «Nous offrons nos condoléances aux proches et à sa communauté», a-t-on souligné dans une réponse écrite.

Chez Québec solidaire, on s’explique difficilement ce «refus obstiné» du gouvernement de ne pas offrir une exemption. Le critique du parti en matière de lutte contre l’itinérance, Alexandre Leduc, lui demande de «réfléchir».

«Il y a clairement un manque de connaissance, affirme-t-il. Travaillez donc de manière plus étroite avec les organismes.»

«Le couvre-feu, c’est une mesure complètement inadaptée à la réalité de ces personnes-là», de renchérir Paule Robitaille, lundi.

Pour sa part, Véronique Hivon presse Québec de réagir. «L’heure est à soutenir» les sans-abri, indique-t-elle.

Le Bureau du coroner a entamé une enquête afin d’en savoir plus sur les circonstances de la mort de Raphaël André. Aucun détail supplémentaire n’a été rendu public pour l’instant.

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