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Fusillade à la mosquée: se souvenir pour mieux vivre ensemble

Cette année, «l’activité devant se tenir à distance, la proximité et la solidarité des sympathisants vont nous manquer», confie le président du CCIQ, Abderrahim Loukili. Photo: François Cattapan/Métro Média
François Cattapan - Métro Média

Même virtuelle et à distance en raison de la pandémie, la commémoration 2021 de la fusillade à la grande mosquée de Sainte-Foy vise autant à réconforter les victimes qu’à resserrer le tissu social. C’est là le double objectif qui motive depuis l’horreur survenue le 29 janvier 2017 les dirigeants du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) et le comité citoyen «29 janvier, je me souviens».

Les discours prononcés lors du lancement, vendredi matin, de la 4e cérémonie marquant cette attaque meurtrière insensée allaient tous dans ce même sens. À commencer par le nouveau président du CCIQ, Abderrahim Loukili, pour qui «ce drame horrible a endeuillé toute la population de Québec». «Au-delà de notre devoir collectif de mémoire, il faut continuer de promouvoir le vivre ensemble. La douleur vécue par les familles des victimes doit renforcer la nécessité de combattre la peur de l’autre».

Il se rassure de voir que le souvenir de ses frères tombés sous les balles rayonne plus largement et profondément dans la grande région de Québec. «On doit reconnaître et encourager les progrès réalisés dans la société pour contrer le racisme et l’intolérance. Cela aide à continuer sur le chemin de la guérison», estime M. Loukili.

Quatre ans déjà

Pour Maryam Bessiri, du comité citoyen «29 janvier, je me souviens», il y a déjà quatre ans que l’improbable s’est produit. Elle note parallèlement que cela fait quatre ans aussi que des milliers de personnes manifestent leur soutien aux victimes de cette violence gratuite et à toute la communauté musulmane.

«La réflexion sur les raisons pour lesquelles c’est arrivé dans la belle ville de Québec doit se poursuivre. Elle est particulièrement nécessaire afin d’éviter que cela se reproduise. Un avenir meilleur pour tous passe par la contribution de chacun de nous pour bâtir une société plus inclusive, juste et sécuritaire», ajoute Mme Bessiri.

Balles de la haine

Prenant la parole au nom des blessés de l’attaque de la mosquée, Mohamed Khabar rappelle que la société québécoise a perdu ce jour-là des gens dynamiques à qui nous devons un éternel respect. Il lance le message que les immigrants sont là par choix, dans un milieu de vie auquel ils veulent s’intégrer et, surtout, contribuer.

«J’ai été personnellement atteint par deux balles. Des balles de haine et de racisme, qui me laissent marqué pour le reste de mon existence. Néanmoins, je me console avec les témoignages de sympathie et garde espoir qu’on va traverser cette dure épreuve ensemble», témoigne M. Khabar avec émotion.

Formule virtuelle

À noter que cette année, le rassemblement annuel sera différent par sa formule virtuelle. La population est conviée à participer à la cérémonie de commémoration en ligne, en direct. Celle-ci sera diffusée sur la page Facebook du comité citoyen, ce vendredi 29 janvier de 18h à 18h30.

Il suffit de se joindre en cliquant sur l’adresse suivante: Commémoration citoyenne de l’attentat de la Grande Mosquée de Québec.

«J’ai été personnellement atteint par deux balles. Des balles de haine et de racisme, qui me laissent marqué pour le reste de mon existence.» -Mohamed Khabar, victime du tireur

À Montréal, une vigile doit se tenir devant la station de métro Parc à 17h.

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