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12:52 3 février 2021 | mise à jour le: 3 février 2021 à 17:06 temps de lecture: 4 minutes

Le Canada ajoute 13 groupes à sa liste d’entités terroristes, dont les Proud Boys

Le Canada ajoute 13 groupes à sa liste d’entités terroristes, dont les Proud Boys
Photo: Michael Ciaglo/Getty ImagesDes membres du groupe terroriste Proud Boys

Le Canada désigne comme entités terroristes 13 nouveaux groupes, a annoncé le ministre de la Sécurité publique et la Protection civile, Bill Blair. Les Proud Boys, un groupe d’extrême droite fondé ayant joué un rôle clé dans l’émeute du Capitole aux États-Unis, en fait partie.

Parmi les groupes ajoutés, on en trouve quatre qualifiés d’«extrémistes violents à motivation idéologique», soit la Division Atomwaffen, le Mouvement impérial russe, The Base et les Proud Boys.

Trois entités ajoutées sont affiliées à Al Qaida, alors que cinq ont une allégeance à Daech. Hizbul Mujahideen, un groupe islamiste agissant principalement en Inde, constitue le dernier des treize nouveaux groupes reconnus.

«Ces groupes ont malheureusement agi au Canada et autour du monde», a déclaré Bill Blair. Leurs actions violentes et leur rhétorique sont alimentées par la suprématie blanche, par l’antisémitisme, par l’islamophobie, par la misogynie, et bien souvent par un mélange de tous ces éléments.»

Proud Boys, groupe terroriste

Par cette décision, le Canada devient le premier pays à reconnaître les Proud Boys comme groupe terroriste. Ce groupe avait été fondé en 2016 par le Canadien Gavin McInnes, qui s’en est depuis dissocié.

Selon une enquête du Wall Street Journal, les Proud Boys ont joué un rôle important dans l’insurrection du Capitole, survenue le 6 janvier dernier.

Le 25 janvier, une motion présentée par le NPD avait été adoptée unanimement à la Chambre des communes pour que le groupe Proud Boys soit ajouté à la liste d’entités terroristes du gouvernement fédéral, qui comprend maintenant plus de 70 groupes différents.

Pour le ministre Bill Blair, les Proud Boys posent un risque majeur pour la sécurité nationale Canada. «Depuis 2018, nous avons vu une escalade vers la violence par ce groupe. [Au Canada], il y a une affiliation avec l’organisation qui est très active aux États-Unis.»

Le secrétaire parlementaire du ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile, Joël Lightbound a assuré que l’ajout de ces groupes n’était pas une décision politique, mais légale. «C’est clair que ça a généré de l’attention politique, mais c’est un processus qui antidate beaucoup ce genre d’intérêt politique. […] C’est le résultat d’un processus fondé sur des éléments de preuve, de renseignement, et sur la loi.»

Présence «plus affirmée» de l’extrême droite

Selon le directeur scientifique et stratégique du Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence (CPRMV), Louis Audet Gosselin, l’ajout de quatre groupes d’extrême droite, dont trois présents du Canada, à cette liste est «un signe» que ce type de radicalisation est en croissance au pays.

«On a effectivement remarqué une présence plus affirmée des groupes qu’on peut associer à l’extrême droite ou associés aux mouvements populistes de différentes natures. La présidence de Trump a permis de parler à ces groupes de parler plus ouvertement.»

«Il y a tout un travail de prévention que nous et d’autres organismes faisons pour empêcher des individus de se rendre à ce niveau-là», souligne M. Audet Gosselin.

Les conséquences d’être sur la liste

Pour que le gouvernement inscrive un groupe sur cette liste, les autorités doivent avoir des «motifs raisonnables de croire qu’une entité a sciemment participé à une activité terroriste ou facilité une activité terroriste, ou a sciemment agi pour le compte d’une telle entité, sous la direction d’une telle entité ou en association avec elle», prévoit le Code criminel.

Les personnes qui s’occupent des biens ou des finances des entités inscrites s’exposent à des peines sévères. Également, ceux et celles qui demandent l’entrée au Canada peuvent être inadmissibles si elles sont associées à une entité inscrite. La liste sert également d’outil au gouvernement canadien pour supprimer plus facilement du contenu en ligne associé à un groupe terroriste.

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