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Le nouveau salaire du PDG d’Investissement Québec crée le malaise

Le nouveau salaire du président-directeur général d’Investissement Québec (IQ), qui pourrait dépasser le million de dollars, ne passe pas dans les couloirs de l’Assemblée nationale. Pendant que le gouvernement se justifie en affirmant qu’il veut attirer les têtes d’affiches, les groupes d’opposition fulminent.

«Investissement Québec, ce n’est pas une banque. L’État québécois n’est pas une business, a martelé mercredi matin le porte-parole de Québec solidaire en matière d’Économie, Vincent Marissal. Et, en ce moment, ce qu’on fait, c’est faire péter la banque pour une minorité de gens qui devraient être là d’abord et avant tout pour servir la population québécoise.»

L’élu de Rosemont réagissait à la décision du Conseil des ministres, qui adoptait la semaine dernière une politique permettant aux cadres d’IQ de faire grimper leur rémunération en remplissant des objectifs de performance.

Sous ce programme, nommé régime d’intéressement à long terme (RILT), le PDG de la société d’État, Guy Leblanc, pourrait gagner jusqu’à 1,1 M$ par année. C’est plus du double du salaire de son prédécesseur. Un choix «inapproprié», selon l’opposition officielle.

«Est-ce que vous connaissez beaucoup de personnes qui, dans les derniers mois, ont vu leur rémunération doubler? Je n’en connais pas beaucoup.» – Carlos Leitão, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’économie.

Uniquement IQ

Au Parti québécois, on craint que la décision de Québec crée un précédent. «Après ça, c’est quoi?, s’est interrogé le député péquiste Sylvain Gaudreault, mercredi. La PDG d’Hydro-Québec, de Loto-Québec va faire monter les enchères?»

«Ça va bien , M. Leblanc. Il est rémunéré comme jamais personne ne l’a été. J’espère qu’il est bon», a lancé avec ironie son collègue au PQ, le chef parlementaire Pascal Bérubé.

Le gouvernement persiste et signe dans ce dossier. Selon la vice-première ministre Geneviève Guilbault, Investissement Québec a le devoir de se placer sur l’échiquier mondial. Il faut donc attirer «les meilleures personnes».

«On a besoin d’un Investissement Québec agressif. Comme c’est un milieu extrêmement compétitif, on s’est donné les moyens d’aller chercher les [meilleures] ressources», a-t-elle signifié en mêlée de presse.

«Il faut toujours regarder dans quel bassin de talent on veut recruter», a ajouté le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, en chambre, quelques moments plus tard.

En 2020, la PDG d’Hydro, Sophie Brochu, a gagné 580 000$, selon les recensements du gouvernement. Le président et chef de la direction de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Charles Émond, 550 000$.

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