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Trois jours de mobilisation pour les syndiqués en santé et en éducation

Daniel Boyer
Daniel Boyer, président de la FTQ Photo: Pablo Ortiz/Métro

Sans contrat de travail depuis un an, des travailleurs syndiqués des secteurs publics de la santé et de l’éducation entreprendront lundi une mobilisation qui se déroulera un peu partout en province et qui s’étendra sur trois jours. Afin de dénoncer la lenteur perçue des négociations entamées avec le gouvernement provincial à l’automne 2019, les syndiqués manifesteront notamment à Granby, Montmagny, Drummondville, Québec et Montréal.

Lundi matin, des membres de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) se rassembleront devant les bureaux des ministres responsables de certaines régions du Québec, soit François Bonnardel (Estrie), Geneviève Guilbault (Capitale-Nationale), André Lamontagne (Centre-du-Québec) et Marie-Ève Proulx (Chaudière-Appalaches et Bas-Saint-Laurent).

Le lendemain, un convoi automobile sillonnera les rues du centre-ville de Québec. Ayant comme point de départ les Galeries de la Capitale, le convoi «roulera lentement dans la ville afin de se faire voir et entendre» selon un communiqué émis par la FTQ, dimanche. Le convoi se rendra d’abord à l’Assemblée Nationale.

Les manifestants déposeront des souliers devant le parlement afin de souligner «que les négociations piétinent». Les syndiqués se rendront ensuite devant les bureaux de la FTQ, pour un rassemblement.

Sonner l’alarme

Mercredi, deux marches simultanées sont prévues à Montréal et Québec. La FTQ ainsi que sept autres centrales syndicales représentant différents corps de métier de la fonction publique, y participeront. Le thème de ces événements sera «On sonne l’alarme».

«Il est grandement temps qu’on arrive à conclure des conventions collectives. On prend pour acquis que les employés du secteur public ont une bonne job avec une sécurité d’emploi, un revenu correct, un régime de pension, de retraite et d’assurances. Mais en même temps, il y a un retard salarial qui s’amplifie année après année», indique le président de la FTQ, Daniel Boyer.

Dans son rapport annuel publié en novembre dernier, l’Institut de la statistique du Québec révélait que la rémunération globale des salariés de l’administration québécoise présente, depuis 2011, un retard grandissant par rapport à celle de l’ensemble des autres salariés du Québec. Cet écart étant passé de 6,1% en 2011 à 9,2% en 2020.

Toutefois, les salariés de l’administration québécoise affichent en 2020 la parité avec ceux du secteur privé sur le plan de la rémunération globale.

Négociations

La FTQ représente 50 000 travailleurs en santé et en éducation qui sont sans convention collective depuis le 31 mars 2020. Parmi eux, on retrouve notamment des infirmières, des infirmières auxiliaires, des préposés aux bénéficiaires, des employés de soutien ainsi que certains professionnels et techniciens.

«Les travailleurs que nous représentons en ont assez. Les négociations traînent depuis trop longtemps. Ce n’est pas un secret, les personnels de la santé, de l’éducation et des services sociaux sont fatigués, épuisés et maintiennent les services à bout de bras. La reconnaissance de leur travail et de leur dévouement doit passer par de meilleures conditions», indique le président de la FTQ, Daniel Boyer.

M. Boyer affirme que les négociations «n’avancent pas».

«M. Legault nous a convoqué au début de la pandémie. Il nous a dit souhaiter accélérer les négociations pour mettre ça derrière nous et s’attaquer à la pandémie. Mais depuis, le gouvernement n’a pas bougé de sa proposition initiale de décembre 2019. Nous, on a provoqué des choses. Mais il n’y a pas eu de propositions substantielles de leur part qui permettent d’espérer un règlement dans un avenir très rapproché», – Daniel Boyer

Ce dernier croit que l’écart salarial des employés de l’État crée un problème d’attraction et de rétention du personnel.

«On l’a vu avec les préposés aux bénéficiaires. Le gouvernement a dû créer un programme spécial pour en attirer 10 000 et augmenter le salaire horaire de 5$ de l’heure. On vit ça depuis des années et pas seulement pour ce qui est des préposés aux bénéficiaires, mais dans l’ensemble des types d’emploi. On doit revoir l’organisation du travail et rajouter des bras», note-t-il.

La présidente du conseil du trésor, Sonia Lebel, aurait convoqué les syndicats représentant les employés de l’État pour une rencontre, mardi soir.

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