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05:00 23 avril 2021 | mise à jour le: 23 avril 2021 à 16:09 Temps de lecture: 4 minutes

Baisse de la fréquentation des urgences pendant la pandémie

Baisse de la fréquentation des urgences pendant la pandémie
Photo: Josie Desmarais/MétroUrgences.

Pendant que les civières se remplissaient à l’étage, elles se vidaient plus bas. La fréquentation des salles d’urgence s’est fortement abaissée durant la première année pandémique, un phénomène que Québec tient à l’oeil.

Alors que les premiers cas de COVID-19 s’accumulaient dans les premiers bilans nationaux, en mars 2020, les médecins à l’urgence observaient une tendance particulière: une chute vertigineuse de l’afflux de patients dans leur service.

Début avril, la baisse s’était confirmée. Par rapport à la même date l’année précédente, la fréquentation des urgences en avril 2020 s’est abaissée de 52%.

Sur l’année pandémique au complet – mars 2020 à février 2021 –, un million de Québécois de moins se sont présentés. C’est une baisse de 28% par rapport à la période mars 2019-février 2020, soulève un rapport récent de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS).

Un effet COVID?

La COVID-19 n’est pas étrangère à la baisse de la fréquentation des urgences observée dans la dernière année, soulèvent les experts de l’INESSS. «Ces baisses suivent l’évolution de la pandémie de COVID-19 et le resserrement des mesures de confinement», peut-on lire dans le document de quelques pages.

En août, l’écart de fréquentation entre l’année pandémique et l’année précédente a rétréci à 12%. À mesure que le gouvernement de François Legault resserrait l’écrou, au cours de l’hiver, le fossé s’est de nouveau creusé.

«C’est quelque chose qu’on suit de très proche avec Dre Opatrny», a lancé jeudi le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé.

«Dre Opatrny», comme dans Lucie Opatrny, sous-ministre adjointe à la Santé. Depuis le début de la pandémie, elle occupe un des postes de co-pilotes dans le paquebot qu’est le ministère de la Santé. Son rôle principal: gérer le système hospitalier, qui fait encore et toujours face à ce virus peu connu.

«On pourrait dire que la bonne nouvelle, c’est qu’on a moins de taux d’occupation puis que nos délais sur les civières sont meilleurs», a évoqué le ministre Dubé lors d’un point de presse à l’Assemblée nationale.

«Mais, à mon avis, c’est un résultat qui est faussé. Du fait que les gens se rendent moins parce qu’ils ont peur d’attraper le COVID à l’hôpital, etc. Il y a une foule de raisons qui expliquent ça.» – Christian Dubé, ministre de la Santé et des Services sociaux

Corriger le tir

La Coalition avenir Québec en avait fait une promesse-phare de son programme électoral en 2018: en donnant à tous les Québécois un médecin de famille, son gouvernement réduirait à 90 minutes le temps d’attente moyen à l’urgence.

Or, il a augmenté à deux reprises depuis l’entrée au pouvoir du gouvernement Legault. Pas idéale, la situation actuelle se présente comme une occasion d’ajuster la trajectoire du réseau hospitalier, selon Christian Dubé. Dans la ligne de mire du ministre de la Santé: le préhospitalier.

«En ce moment, ce qui arrive avec nos urgences, c’est que souvent, c’est le choix du transporteur d’aller à l’hôpital en question, puis ce n’est peut-être pas toujours le choix le plus optimal pour cet hôpital-là ou pour cette région-là», a soutenu M. Dubé.

L’élu de La Prairie a mandaté un groupe de travail pour qu’il se penche sur le dossier.

«On est en train d’essayer de profiter de cette situation, où il y a moins d’engorgement aux urgences, pour repenser le système.» – Christian Dubé

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