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Les candidats fédéraux s’affrontent sur l’enjeu des armes d’assaut

Le chef du Parti conservateur du Canada, Erin O'Toole, tient un point de presse après le débat télévisé de TVA-LCN. Photo: Josie Desmarais/Métro

En conférence de presse aujourd’hui à Montréal, Erin O’Toole s’est exprimé sur la question des armes d’assaut. Le candidat conservateur maintient sa position.

«On va maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut et en plus on va travailler en étroite collaboration avec les policiers et les services frontaliers pour stopper la contrebande», a affirmé M. O’Toole.

Or, la veille, au cours d’un débat des chefs houleux, Justin Trudeau avait souligné des contradictions entre la plateforme électorale et le discours du candidat conservateur.

Le premier ministre avait souligné qu’à la page 96 de la plateforme conservatrice il est indiqué que le parti souhaite «abolir le projet de loi C-71 et le décret de mai 2020», qui avaient interdit l’utilisation d’armes à feu «de style armes d’assaut». Au cours du débat le candidat conservateur a nié l’existence de toute contradiction.

Les gangs de rue dans le viseur des conservateurs

En conférence de presse à Montréal, le candidat conservateur a dit vouloir s’attaquer à la «racine du problème» en ciblant «les responsables de la violence et ceux qui terrorisent les gens».

Concrètement, le plan d’action de M. O’Toole prévoit d’amender le code criminel pour «faciliter le travail des policiers et des procureurs de s’attaquer aux réseaux des gangs et empêcher l’importation illégale d’armes à feu». À cet effet, le candidat veut renforcer la sécurité des frontières et «soutenir l’ASFC et la GRC qui travaillent avec les autorités américaines».

Parce qu’au sein des gangs, «trop de jeunes recrues sont poussées dans ce cycle de violence parce qu’ils n’ont pas d’autres options», le candidat a un plan de sortie de rue pour les jeunes.

Cela passe par des «partenariats avec le secteur privé et un soutien à des organismes pour développer des programmes».

«On veut former des partenariats avec des employeurs du secteur privé pour permettre aux membres des gangs de rue de s’en sortir, de refaire leur vie, de trouver un bon emploi et obtenir le soutien pour quitter une vie de crime.»

Erin O’Toole, candidat conservateur aux élections fédérales

Il souhaite également en cas d’arrestation «ordonner la remise automatique des armes à feu aux forces policières à l’endroit où quelqu’un a été accusé d’une infraction» et imposer une «sentence minimale de 2 ans pour possession d’arme prohibée si la personne a fait l’objet d’une ordonnance d’interdiction, ou a auparavant été reconnue coupable d’une infraction relative aux armes à feu».

Interrogé sur un programme de rachat des armes, le candidat est resté évasif, prônant un «processus transparent» et «une approche stratégique».

Réactions en rafale

«Les Conservateurs mentent aux Canadiens alors que c’est notre sécurité qui est en jeu. Les Canadiens ne veulent pas vivre dans un pays où les armes d’assaut sont légales», a déclaré en matinée sur Twitter la députée libérale et ministre Mélanie Joly.

En conférence de presse, Mme Joly a souligné «les liens profonds» de M. O’Toole avec le lobby des armes à feu. En lice pour la direction du Parti conservateur en 2017, Erin O’Toole se serait «vanté d’être le seul candidat soutenu à la fois par la National Firearms Association et la Coalition canadienne pour les droits des armes à feu».

Elle a, par la même occasion, clarifié la position du Parti libéral sur l’enjeu des armes à feu, en plus de promettre un milliard de dollars aux provinces qui veulent «interdire les armes de poing et imposer des restrictions strictes sur leur utilisation et leur transport».

«Nous obligerons les propriétaires d’armes d’assaut à les revendre au gouvernement ou à les rendre inopérantes, nous mettrons en place des vérifications rigoureuses et à vie des antécédents, nous augmenterons les sanctions pénales pour la contrebande d’armes et nous renforcerons la capacité de la GRC et de l’ASFC à empêcher les armes illégales d’entrer au Canada.»

Mélanie Joly, candidate aux élections fédérales, Parti libéral du Canada

Le candidat Jagmeet Singh a quant à lui critiqué l’approche de ses opposants sur les armes d’assaut ce matin en présentant sa plateforme électorale. Il a rappelé que les armes utilisées lors de la tuerie de Polytechnique «étaient des armes d’assaut». Pour le candidat néo-démocrate il faut «protéger les gens» et «s’assurer que ces armes d’assaut ne sont pas présentes dans notre pays».

«Ce qui est primordial dans notre décision, c’est faire tout ce qu’on peut pour protéger les gens, pour prévenir ce genre de violence, et arrêter la violence. Les libéraux ne sont pas assez clairs, et les conservateurs disent deux choses, une qui sont contre et une autre dans la plateforme qui sont pour, notre position est claire: on veut protéger la population.»

Jagmeet Singh, candidat aux élections fédérales, NPD

La mairesse de Montréal a tenu à réagir, alors que la question des armes à feu se plaçait en haut de la liste de ses demandes aux partis fédéraux. La mairesse demande aux candidats «de la cohérence» dans l’ensemble du pays pour que les mesures de lutte contre les violences par armes à feu «soient efficaces.»

De son côté le candidat d’Ensemble Montréal, Denis Coderre, qui avait répété à plusieurs reprises que la métropole «n’est pas sécuritaire», a salué la proposition de M. O’Toole de former des partenariats. Pour lui «on doit tous travailler pour faire partie de la solution […] il faut que tous les acteurs puissent jouer un rôle».

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