La semaine de relâche pour tous
Si vous n’avez, comme moi, pas d’enfants, vous avez peut-être pris connaissance du fait que c’était la semaine de relâche seulement lundi, lorsque vous avez constaté l’absence de deux ou trois collègues au bureau. Peut-être que je vous l’apprends ce matin. Ou peut-être l’avez-vous appris en voyant, assis dans un coin du bureau, à colorier, la progéniture d’un de vos collègues qui a su, pas beaucoup plus tôt que vous, que c’était cette semaine, la semaine de relâche.
Parce que la semaine de relâche, c’est bien beau pour ceux qui peuvent la prendre, mais pour tous ces parents qui sont cloués au travail, c’est tout sauf relâchant. C’est de la gestion, des coûts de gardiennage et du temps que vous ne pouvez pas plus passer avec vos enfants, même si leur congé d’école vous en donne l’occasion. Vous travaillez.
Normalement, la semaine de relâche devrait être le dernier de mes soucis. Je n’ai pas d’enfants dans les pattes et je suis une heureuse travailleuse autonome. Théoriquement, je devrais pouvoir prendre des vacances quand bon me semble. Mais la vérité, c’est que je suis beaucoup trop ergomane pour en prendre autrement que lorsque tout le monde est arrêté. Mais surtout, pour le bien de la société, je pense qu’il serait bon qu’on se donne tous un break à la fin du pire mois de l’année.
N’en déplaise à Lucien Bouchard, une petite pause en novembre et une en mars nous feraient le plus grand bien. L’inventeur de la semaine de relâche à l’école, Fernand Paradis, alors directeur de la Commission des écoles catholiques de Québec, avait remarqué que le taux d’absentéisme était plus élevé au début de novembre et à la fin février. Soudainement, plus de grippes et autres petits bobos retenaient les élèves à la maison. Si c’était vrai pour les enfants, c’était sûrement vrai pour les parents.
Ce n’est pas comme si nous étions les pires paresseux. Les Français profitent de 30 jours de vacances par année. Bon, dans leur cas, c’est lourd, parce que tout s’arrête en août, et n’essayez pas de trouver un plombier à cette période de l’année. Mais je crois que, pour donner une chance à tous de passer du temps en famille, ça ne serait pas de trop. Combien d’entre vous se présentent au boulot en comptant les jours qui les séparent du Vendredi saint, sans que ça ait quoi que ce soit à voir avec la fin du carême? Une idée à proposer à votre patron dès son retour de vacances.
Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro