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Montréal bilingue: «aucun sens», dit Paul St-Pierre Plamondon

Paul Saint-Pierre Plamondon Photo: Josie Desmarais/Métro

Paul St-Pierre Plamondon a réagi vivement à la proposition de Balarama Holness, qui voudrait un référendum pour déterminer si Montréal deviendrait une ville bilingue. Pour le chef du Parti québécois, le candidat de Mouvement Montréal tient un discours «hostile au français» et penche vers des mesures qui vont «exacerber les divisions».

M. Holness propose la tenue d’une consultation d’un an de l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM), dans la seconde partie d’un mandat de Mouvement Montréal. La consultation porterait sur «l’utilisation des langues anglaise et française au sein des institutions publiques et privées». La question serait ensuite tranchée par référendum.

Une proposition qui ne plaît pas du tout au chef du Parti québécois.

C’est une tentative d’accélérer l’anglicisation de Montréal en faisant passer le statut de métropole francophone en Amérique du Nord – qui est unique à Montréal – à un statut de ville bilingue.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

«Le fait d’offrir des services en anglais va mener à une chute précipitée du français. La seule manière de conserver une langue minoritaire [NDLR: le français], c’est de la maintenir comme langue commune», a affirmé le chef péquiste en entrevue avec Métro.

La veille, en conférence de presse, M. Holness a affirmé que «ni la CAQ ni l’Assemblée nationale ne devraient définir ce qu’est Montréal et comment elle fonctionne». Or pour le chef péquiste, ce propos est non seulement hostile au français, mais aussi à l’Assemblée nationale. Il serait aussi «anti-démocratique».

En effet, seule l’Assemblée nationale peut modifier la charte de la Ville de Montréal et y inscrire la reconnaissance du statut linguistique bilingue.

En ouvrant la possibilité d’un référendum sur le statut bilingue de Montréal, M. Holness mise sur un enjeu qui divise, estime Paul Saint-Pierre Plamondon. «C’est du wedge politics», dit-il.

Français en déclin

En novembre dernier, un démographe rapportait à Métro que le déclin du français était plus rapide que prévu par l’OQLF. Un rapport daté de 2011 indiquait que le pourcentage de francophones sur l’île de Montréal pourrait dégringoler, passant de 54% en 2006 à 47,4% en 2031.

Or, le démographe s’est affirmé «beaucoup trop optimiste» à l’époque. En effet, en 2016, déjà, 49,6% des résidents de l’île de Montréal ont déclaré le français comme langue maternelle selon un recensement de Statistiques Canada alors que la moyenne provinciale affichait un taux de 78%.

L’entrevue a eu lieu peu après une sortie controversée de la députée montréalaise Emmanuela Lambropoulos, qui remettait en question le déclin du français à Montréal.

Je réagis, car si on reste silencieux, la démocratie linguistique de Montréal évolue vers l’anglais. Il va venir un jour ou cette proposition [pour une Ville bilingue] va avoir la majorité. […] Il ne faut pas prendre ça à la légère, il faut être conscient que la dynamique linguistique nous amène là. Il faut être conscient de ces dynamiques et insister sur le français comme langue officielle et commune.

Paul St-Pierre Plamondon, chef du Parti québécois

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