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Une centaine d’organismes communautaires en grève

Photo: Rosanna Tiranti/Métro

Plusieurs centaines d’organismes communautaires en grève se sont rassemblés aujourd’hui au centre-ville de Montréal pour «lancer un premier coup de sifflet» au gouvernement de la CAQ. Ils dénoncent des «promesses brisées» et exigent des actions concrètes.

Cette première journée de mobilisation marque le coup d’envoi de la campagne Engagez-vous pour le communautaire, du Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA). Le groupe et ses près de 4000 organismes membres demandent un investissement de 460M$ de plus par année pour soutenir les acteurs, l’indexation des coûts de fonctionnement, l’autonomie des organismes et des mesures de justice sociale.

Les manifestants ont emprunté la rue Peel, du Square Dorchester jusqu’au bureau du premier ministre sur la rue Sherbrooke.

À force de tenir le filet social à bout de bras, nous sommes à bout de souffle […] On est ici parce qu’on est choqués, on est fâchés. En 2018, le gouvernement s’était engagé à mieux soutenir le communautaire et quatre ans plus tard, on attend toujours.

Carolien Toupin, Réseau québécois de l’action communautaire autonome (RQ-ACA)

Pour Caroline Toupin, alors que le communautaire se place en première ligne depuis le début de la pandémie pour soutenir les populations en détresse et répondre à la crise, le milieu est «sur la corde raide».

Mme Toupin souligne la déception de nombreux acteurs communautaires face au report d’un an du plan d’action gouvernemental en action communautaire. Le budget 2021 du gouvernement manque également d’un «appui récurrent aux organismes communautaires». Alors que ceux-ci «peinent à maintenir leurs activités» et font face à des demandes croissantes sur le terrain.

«Une augmentation importante des demandes d’aides alimentaires, des problématiques du côté des jeunes, une augmentation des cas de violence conjugales, aussi, l’isolement des ainés qui est ressorti beaucoup, des nouveaux enjeux en itinérance, la crise du logement…», énumère Brigitte Robert, porte-parole de table de concertation intersectorielle et multi réseaux du quartier Ahuntsic.

Le retour à une post-pandémie nous effraie vraiment.

Brigitte Robert, porte-parole de Solidarité Ahuntsic, la table de concertation intersectorielle et multi réseaux du quartier Ahuntsic

Des loyers qui pèsent lourd

Les organismes communautaires ne sont par ailleurs pas épargnés par la crise du logement qui touche la province.

L’organisme Solidarité Ahuntsic, par exemple, est confronté à la hausse de loyer de ses locaux, occupés par près de 14 organismes.

«Que va t’il se passer quand on aura plus ces locaux? Et comment continuer à offrir des services? Comment les organismes peuvent-ils vivre avec la pression constante de perdre ces locaux?», s’interroge Brigitte Robert, porte-parole de table de concertation intersectorielle et multi réseaux du quartier Ahuntsic.

«Il reste deux moments pour le gouvernement de tenir ses promesses avant les élections: le mini budget qui s’en vient et le budget de 2022 au mois de mars. Nous, on l’attend de pied ferme», affirme Caroline Toupin.

Le Réseau québécois de l’action communautaire autonome organisera dans les prochains mois des actions concertées de mobilisation dans plusieurs villes du Québec. Cette action culminera par une semaine de grève la semaine du 20 Février 2022.

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