Tirs croisés contre la réforme de l’aide sociale
Près de 300 personnes se sont réunies mercredi matin à Montréal pour dénoncer les réformes de l’aide sociale envisagées par la Parti québécois. «On est en train de faire des économies de bouts de chandelle sur le dos des plus démunis», dénonce Marielle Bouchard, porte-parole du Front commun des personnes assistées sociales du Québec, qui dénonce les mensonges et la malhonnêteté de la ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale (MESS), Agnès Maltais.
La révision des règles, annoncée par le gouvernement, supprimerait au 1er juin l’allocation de contraintes temporaires de 129$ pour certains groupes d’assistés sociaux. Cette aide, qui s’ajoute aux 607$ de l’aide sociale, ne serait allouée qu’à partir de 58 ans (au lieu de 55), et ne serait plus offerte qu’à certains types de familles ayant un enfant de moins de cinq ans. La période de défraiement des coûts pour les toxicomanes en désintoxication verrait sa durée raccourcie.
Les quelque 13 000 personnes touchées se feraient alors offrir une allocation de 195$ par mois si elles participent à un programme de retour à l’emploi. «L’aide sociale, c’est une compensation, ça ne permet pas de sortir de la pauvreté, seul l’emploi le permet», a clamé Mme Maltais à Tout le monde en parle.
Mais pour Lorraine Desjardins, de la Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, c’est de la poudre aux yeux. «La ministre annonce que chaque personne touchée sera rencontrée individuellement, mais il manque déjà cruellement d’agents», note t-elle.
Les opposants à la réforme dénoncent aussi le manque d’analyse et de timing du ministère. Le contexte morose sur le front de l’emploi et le manque de places en CPE freinent notamment le retour à l’emploi des personnes assistées sociales, selon eux.
Le projet de réforme du gouvernement doit être étudié pendant 45 jours. Le Parti libéral et Québec solidaire ont manifesté leur opposition à cette révision. C’est la quatrième fois depuis 1997 qu’un gouvernement péquiste ou libéral tente de réformer l’assurance emploi.