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Québec presse le fédéral d’aider les réfugiés haïtiens

Photo: Denis Beaumont/Métro

Tandis que le gouvernement canadien réévalue l’interdiction de renvoi des 6000 ressortissants haïtiens surtout établis au Québec, la ministre provinciale de l’immigration, Diane De Courcy, appelle au maintien du statu quo.

L’instabilité prévaut encore en Haïti et les réfugiés du séisme de 2010 vivent dans l’incertitude au lieu de participer pleinement à la société québécoise, a affirmé Mme De Courcy, mardi. La majorité de ces réfugiés se sont faits refuser le statut de demandeur d’asile. Ils ont toutefois le droit de rester en sol canadien, étant donné d’une suspension temporaire des renvois en Haïti, décrétée en 2004 par Ottawa.

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Précisant que le gouvernement Harper doit se prononcer sur le maintien ou non de cette suspension d’ici la fin du mois, Mme De Courcy a précisé ses attentes du fédéral: maintenir le moratoire permettant aux demandeurs d’asile de rester au pays même si leur candidature est rejetée, en plus d’offrir aux réfugiés installés au Québec depuis trois ans la possibilité de faire une demande de résidence permanente.

Du côté d’Immigration Canada, on répond, par courriel, que «les conditions en Haïti se sont améliorées» et qu’«il est temps de revoir la suspension temporaire des renvois qui a été mise en place il y a près d’une décennie», lorsque l’état général du pays mettait la sécurité de ses citoyens en danger. On a toutefois évité de commenter les suggestions de Mme De Courcy.

Selon plusieurs organisations haïtiennes, la situation en Haïti est loin de s’être améliorée. «L’instabilité politique règne, les violences sont encore exacerbées et il y a une épidémie de choléra… les conditions de vie sont très dures», affirme Nadine Pierre, du regroupement Jeunesse en action. «Les familles qui sont venues au Québec ont tout perdu en Haïti, elles veulent rester ici et s’établir à long terme», renchérit Marie-Suzie Weche, directrice du Centre haïtien d’action familiale.

Le Haut Commissariat des Nations unies a prévenu les autorités canadiennes que les conditions de vie étaient toujours critiques. Joint par Métro, le service des communications de l’Agence des services frontaliers du Canada a dit qu’il tiendrait compte de cet avis. L’ ASFC est l’organe fédéral qui recommande au ministre de la Sécurité publique de maintenir ou non les suspensions de renvois des réfugiés.

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