Soutenez

Retour amer sur les chantiers de construction mardi

C’est à contrecœur que les 77 000 grévistes de la construction rentreront sur les chantiers lundi, a affirmé l’Alliance syndicale, déplorant l’adoption par le gouvernement d’une loi spéciale.

«Le gouvernement nous a brimés de notre droit de négocier et de faire la grève», a lancé lundi Yves Ouellet, le porte-parole de l’Alliance syndicale. Ce dernier s’est dit «extrêmement déçu» de la loi spéciale. Adoptée dans la nuit de dimanche à lundi par l’Assemblée nationale, la loi a mis fin à la grève du secteur institutionnel, commercial et industriel qui perdurait depuis 10 jours.

De son côté, l’Association de la construction du Québec s’est contentée d’envoyer un communiqué invitant « tous les employeurs à respecter la loi 54 ».

M. Ouellet a accusé les députés de l’opposition d’agir comme de réels «porte-voix de la position patronale», en utilisation des arguments identiques à ceux entendus lors des pourparlers.

«Nous partageons peut-être la même vision, mais nous n’avons jamais dit à la Coalition avenir Québec ou au Parti libéral comment agir», a rétorqué le directeur des affaires juridiques du Conseil du patronat, Guy-François Lamy. Du même souffle, il a indiqué être soulagé que «l’hémorragie économique» soit stoppée par la loi spéciale.

Dimanche, les partis d’opposition ont gagné leur bras de fer contre le gouvernement en imposant la reconduction de la convention collective pour une seule année, avec une augmentation de 2% sur les salaires.

[pullquote]

Les négociations en construction se poursuivront

À la suite de l’adoption d’une loi spéciale, les parties syndicale et patronale devront reprendre le dialogue, puisqu’ils doivent s’entendre sur une convention avant le 30 juin prochain.

«On va commencer par laisser retomber la poussière», a déclaré le porte-parole de l’Alliance syndicale, Yves Ouellet. Ce dernier croit qu’un changement de ton de la partie patronale est nécessaire pour trouver un terrain d’entente.

«Nous le répétons, nous n’accepterons jamais de recul de nos conditions», a-t-il martelé, rappelant les sujets sur lesquels ont achoppé les négociations : les salaires, la rémunération des heures supplémentaires, les horaires de travail et la mobilité de la main-d’œuvre.

Tandis que l’Association de la construction du Québec s’est faite avare de commentaire, lundi, le Conseil du patronat a pris la parole pour faire part de son optimisme. «La loi spéciale est l’équivalent d’un baume, il y a encore beaucoup de travail à faire pour en arriver à un consensus», a admis Guy-Franôis Lamy, directeur des affaires juridiques.

M. Lamy a salué l’échéancier d’un an pour les négociations, fixé par le Parti libéral du Québec et la Coalition avenir Québec, pour élaborer un nouveau contrat de travail. «Personne ne veut revivre les deux dernières semaines… selon moi, un an, c’est suffisant pour arriver à une entente», a-t-il affirmé.

Dimanche, les partis d’opposition ont fait bloc pour forcer la main au gouvernement Marois, , en modifiant profondément le projet de loi initial. Plutôt que de consentir à des hausses de salaires de plus de 8% sur 4 ans, la loi ne s’appliquera qu’une seule année et indexera de 2% les salaires.

-Avec la Presse Canadienne

 

La loi spéciale en détails
Baptisée Loi 54 sur la reprise des travaux dans l’industrie de la construction, la loi spéciale prévoit les éléments suivants.

  • Le renouvellement des conventions collectives des secteurs institutionnel, commercial et industriel.échues depuis le 30 avril dernier;
  •  Les taux de salaire applicables sont majorés de 2 % dès le 2 juillet 2013, et ce, jusqu’au 30 juin 2014.
  • Des amendes importantes sont prévues pour quiconque contrevient à cette loi.
  • Les parties syndicale et patronale devront s’entendre avant le 30 juin 2014 concernant les conditions de travail, applicables jusqu’en à 2017.

Articles récents du même sujet

Mon
Métro

Découvrez nos infolettres !

Le meilleur moyen de rester brancher sur les nouvelles de Montréal et votre quartier.