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Le transport des matières dangereuses sous la loupe

Lac-Mégantic
Lac-Mégantic Photo: Archives Métro

Polytechnique Montréal et le Centre interuniversitaire de recherche en analyse des organisations (CIRANO) ont lancé mardi le livre Stratégies logistiques et matières dangereuses, qui tente d’examiner les pratiques des entreprises en la matière. On y apprend notamment que, si 74% des accidents surviennent lors du déchargement ou chargement de matières dangereuses, les entreprises semblent croire que le transport est plus dangereux. Métro s’est entretenu avec un des auteurs du livre, Martin Trépanier, professeur titulaire au département de mathématiques et de génie industriel à Polytechnique Montréal.

On voit dans votre livre que les entreprises surestiment les risques d’accident lors du transport, mais sous-estiment les risques liés au chargement et déchargement. Pourquoi?
Il n’ont pas nécessairement les outils pour évaluer les risques. De façon générale, au niveau du risque, chaque entreprise va regarder ses activités et essayer de faire son maximum. Il faut avoir une vue d’ensemble, et non que chaque entreprise ne regarde que ses propres activités.

Comment peut-on s’assurer que les entreprises qui transportent des matières dangereuses aient cette vue d’ensemble?
C’est tout le défi. Pour l’instant la réglementation ne donne pas de contraintes face à ça, mais c’est clair qu’avec la technologie, il y a moyen de le faire. On le fait déjà à l’intérieur d’une entreprise. Par exemple, avec Fed Ex, vous savez où est votre colis en temps réel. Dans le cas des matières dangereuses, c’est plus complexe, mais je pense qu’il y a des technologies en place pour le faire.

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Si les accidents arrivent le plus souvent en déchargement et chargement, donc à proximité des villes, comment peut-on limiter le risque aux habitants?
Les matières dangereuses, malheureusement, c’est un mal nécessaire. On en a besoin, qu’on pense à l’essence ou aux hôpitaux, avec leurs matières nucléaires ou leurs matières infectieuses. On n’y échappe pas. On doit avoir des plans d’intervention et une connaissance du risque. On ne pourra pas demain matin déplacer le port de Montréal ou les champs ferroviaires. Il faut rester conscient des risques et informer les gens.

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Stratégies logistiques et matières dangereuses
Presses internationales Polytechnique
Disponible en ligne

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