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Pauline Marois, telle qu'elle est

Puisqu’elle est toujours très active en politique, Pauline Marois ne voulait pas nuire à son parti en réglant des comptes dans son autobiographie.

«Je voulais témoigner de ce que j’étais, a dit la chef du Parti québécois, lors d’une entrevue accordée à Métro. Si je m’étais mis à raconter toutes sortes d’événements qui mettaient en cause mes collègues, on aurait fini peut-être par perdre le fil de ce qu’était mon intention.»

Dans son autobiographie Québécoise!, Pauline Marois raconte son enfance dans une famille modeste, ses débuts en politique, sa vie exigeante de ministre très en vue et son retour en tant que chef de parti en 2006. Elle y évoque aussi comment les chefs péquistes qu’elle a servis ont parfois dû rappeler à l’ordre les membres du parti. René Lévesque et Jacques Parizeau l’ont fait avec facilité – le premier en frappant du poing sur la table – mais Pierre-Marc Johnson et Lucien Bouchard n’étaient pas à l’aise avec l’indiscipline des militants.

L’apparence avant les idées
Si Mme Marois a choisi de raconter son histoire, c’est que trop souvent, selon elle, les médias se sont attardés à ses bijoux, ses maisons ou à son mari. Trop souvent, a-t-elle ajouté, ses idées ont été écartées au profit de son apparence. «J’aimerais que ce qu’on projette de moi, c’est la femme engagée plutôt que la femme qui porte des belles choses», a-t-elle dit, espérant toujours un revirement de situation. Pour y arriver, elle a suivi le conseil de l’ancienne ministre de la Condition féminine, Lise Payette, dont elle a été la chef de cabinet, en s’habillant plus sobrement.

Pauline Marois a fait ce compromis parce qu’en politique comme dans d’autres domaines, selon elle, les femmes sont traitées différemment des hommes. «Quand on regarde un homme qui a l’air fatigué, on se dit qu’il doit travailler fort. Quand on regarde une femme, on se demande si elle va être capable de faire la job», a-t-elle clamé. Malgré ces clivages entre les hommes et les femmes politiques, elle a bon espoir de devenir  un jour première ministre du Québec.

Vie de famille
À l’occasion, dans son livre, la chef péquiste inclut des anecdotes sur sa vie de famille. Tout en étant très engagée en politique, elle a eu quatre enfants, ce qui lui a parfois occasionné un train de vie impensable. Par exemple, lors de son dernier accouchement, sa chef de cabinet l’a suivie jusqu’à l’hôpital pour avoir accès à des documents scellés dans une mallette, dont seule la ministre avait la combinaison (c’était la façon de faire de l’époque pour éviter les fuites dans les médias).

«J’ai eu de l’aide, mais il reste que ce sont nos enfants. C’est [mon mari et moi] qui nous en occupions et nous en étions responsables», a souligné la femme politique. Ses absences répétées l’ont obligée à accepter une nouvelle réalité, qui parfois l’excluait. «Il me fallait admettre que mes enfants confient leurs petits secrets à [la gardienne] plutôt qu’à moi», écrit-elle.

Son livre, qui ne compte que 261 pages, est très bref, considérant sa carrière politique qui a débuté à l’aube des années 1980. «Je suis allée à l’essentiel, a expliqué Mme Marois. Plus tard, quand je serai très vieille et que j’aurai beaucoup de temps, je pourrai écrire mes mémoires. Ça, ça sera différent.»    

Québécoise!    
de Pauline Marois, aux Éditions Fides

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