Deux adéquistes passent chez les libéraux
Jean Charest a confirmé l’arrivée de deux transfuges adéquistes dans le camp libéral, André Riedl et Pierre Michel Auger.
Les deux candidats n’ont pas hésité à écorcher le leadership de Mario Dumont, déplorant l’individualisme et le manque d’écoute du chef. «Je me suis rendu à l’évidence que l’ADQ est le parti d’un
seul homme, sans plan de match pour le Québec ni de programme
économique cohérent», a lancé M. Riedl, le député d’Iberville. «L’ADQ devait surtout démontrer qu’il devait être le gouvernement en attente, ce qui n’est pas le cas», a-t-il ajouté.
Même son de cloche du côté de M. Auger, qui était devenu député de la circonscription de Champlain à la dernière élection. «J’ai adhéré à l’appel de changement […], mais depuis mon élection, j’ai vécu déception sur déception», a-t-il indiqué. «Le style de leadership de Mario Dumont et de l’ADQ ne correspond pas à ce que je crois être bon pour les Québécois», a également souligné M. Auger. «Les gens ont cru à l’ADQ, les gens ont voulu donner une chance à l’ADQ, mais aujourd’hui, il constate tout comme moi qu’ils se sont trompés.»
Les deux députés ont indiqué avoir d’abord songé à devenir indépendant avant de porter leur choix sur le PLQ.
Avec ces défections, la position de l’ADQ comme Opposition officielle
semble fragilisée. Le parti de Mario Dumont compte maintenant 39
députés à l’Assemblée nationale, contre 36 pour le Parti québécois. Le
Parti libéral du Québec (PLQ) comptera dorénavant sur 48 députés.
Jean Charest a indiqué que M. Riedl allait se greffer à l’équipe économique du
parti. Selon M. Riedl, dans la dernière année, plusieurs gestes du
gouvernement sur le plan économique ont alimenté sa réflexion. Ce dernier avait fait parler durant la récente campagne électorale fédérale. Il avait notamment affirmé que son vote allait au libéral Stéphane Dion et avait fait une sortie contre la proposition conservatrice pouvant mener à la prison à vie pour les jeunes contrevenants.
Jean Charest s’est défendu de mettre la table pour des élections, assurant que le transfert des députés ne constituait pas une trame en cette direction, et que les deux cas avaient été traités de façon individuelle. Il a cependant indiqué qu’il s’attendait à ce que les deux nouveaux députés libéraux restent candidats à la prochaine élection.