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L'automne pourri des politiciens d'ici

Pour être excité par la politique cette année, mieux valait lorgner chez nos voisins du Sud…

Quand un canular téléphonique obtient plus de retentissement dans les médias internationaux que l’élection de votre premier ministre, c’est qu’il y a un problème. C’est pourtant ce qui est arrivé à Stephen Harper. Selon les données colligées par Influence Communi­cation, la réélection du chef conservateur a été moins reprise dans les médias internationaux que le canular des Justiciers masqués, qui ont piégé Sarah Palin en se faisant passer pour Nicolas Sarkozy. La différence entre le poids média international de ces deux nouvelles a été de 36 %.

Même les médias d’ici, censés suivre et faire vivre les campagnes électorales, ont été moins présents cette année. Selon Influence Communication, la campagne fédérale de 2008 a obtenu un poids médiatique inférieur de 15 % à celle de 2006.

«Catastrophique et désolant»
Le même désintéressement s’est confirmé aux urnes. Le 14 octobre, l’élection d’un gouvernement conservateur minoritaire décrochait le pire taux de participation de l’histoire (59,1 %) canadienne.
Huit semaines plus tard, les élections provinciales intéressaient encore moins les électeurs. Le taux de 57,3 %, le plus bas depuis 1927 au Québec, est «catastrophique et désolant», déplorait alors le directeur général des élections. À l’inverse, la présidentielle américaine a obtenu son meilleur taux de participation depuis 1908 avec 64,1 %.

Le fond du baril a été touché quand la crise politique à Ottawa est venue vampiriser la dernière semaine des élections au Québec. Dans les médias québécois, les frasques de la coalition PLC-NPD-Bloc ont obtenu une couverture médiatique deux fois plus importante que celles des politiciens québécois dans leur dernière ligne droite. Quand ça veut pas, ça veut pas!

Stratégie internet: Tous des pee-wee comparé à Obama
Pour nombre d’analystes, l’élection de Barack Obama a consacré le web comme outil de campa­gne électorale. L’ex-sénateur de l’Illinois a dépensé 1,1?M$ pour son site internet, dont le blogue commençait déjà à être alimenté deux ans avant l’élection. À côté, les candidats fédéraux et québécois jouent dans les ligues mineures.

Cette différence «n’est pas uniquement une question de moyens financiers, mais surtout une question d’attitude et de choix budgétaire», selon le blogueur Michael Carpen­tier, qui a comparé les stratégies des deux côtés de la frontière. Si le site de Barack Obama a coûté 1,1 M$, «il a aussi permis d’en amasser plus de 200 millions sous forme de dons pour un total de plus de 400 millions», écrit M. Car­pentier, qui pense que nos partis auraient intérêt à moins dépenser en déplacements et en pancartes pour investir plus dans leurs stratégies internet.

Plus de blogues, moins de spaghettis
«Les partis du Québec ont la mauvaise habitude de bloguer pendant les 30 jours que dure la période électorale et de disparaître ensuite», déplore le blogueur, qui pense que les politiciens pourraient consacrer au moins une heure par semaine à bloguer au lieu de participer aux innombrables soupers spaghettis.

L’autre point fort du site d’Obama, note-t-il, c’est son interactivité. Les différents outils sur le site MyBarackObama.com permettaient aux internautes d’envoyer des courriels de rappel aux membres du réseau durant la campagne, de solliciter des dons et même de comparer les résultats de sa campagne de levée de fonds avec ceux des autres sympathisants.

Au lieu d’embaucher des spécialistes d’internet, les partis politiques québécois et canadiens font appel à des agences de publicité ou de relations publiques. Obama, lui, a plutôt embauché une ancienne réalisatrice de CNN spécialiste du web ainsi qu’un spécialiste dédié uniquement au volet SMS de sa stratégie de communication.
 

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