Le Canada devra allonger des milliards pour lutter contre les changements climatiques
Le Canada devra délier les cordons de sa bourse s’il veut contribuer à la lutte aux changements climatiques. Selon deux rapports publiés aujourd’hui par l’Institut Pembina et EcoEquity, le Canada devra débourser, au bas mot, 2,2 G$ annuellement.
Cet argent servirait à soutenir financièrement les pays les plus pauvres dans leurs efforts de développement afin de les empêcher de suivre la route des pays industrialisés qui ont trop souvent réalisé leur croissance au détriment de l’environnement.
Le Canada, qui représente la 13e puissance économique mondiale et le huitième plus grand émetteur de GES au monde, devrait assumer de 3 % à 4 % du financement mondial des pays en développement selon la grille de calcul de la répartition des responsabilités des différents pays. Cela représenterait de 2,2 G$ à 5,7 G$ par année.
Clare Demerse, directrice associée du Programme sur les changements climatiques à l’Institut Pembina, a précisé qu’une telle cible était atteignable, le montant intermédiaire (4 G$) correspondant à moins d’un point de réduction de la TPS.
«Au Canada, quand on parle de Kyoto, on pense à la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), mais ce n’est qu’une partie de l’entente, a-t-elle expliqué. Le Canada doit aussi aider les autres pays à réduire leurs émissions.»
Cette participation est jugée essentielle par Tom Athanasiou, directeur de l’organisme américain EcoEquity. «Si nous n’aidons pas les pays pauvres, nous allons échouer dans notre lutte aux changements climatiques», a-t-il déclaré.
Un financement pressant
Pour plusieurs experts, la participation financière du Canada dans le développement des pays pauvres est pressante. «Le gouvernement libéral était très proactif à ce niveau, a rappelé Steven Guilbeault, coordonnateur général adjoint d’Équiterre. Mais avec les conservateurs, c’est la traversée du désert.»
Pourtant, selon des notes internes obtenues par Clare Demerse grâce à la loi sur l’accès à l’information, les conservateurs admettent que l’inaction entraînerait des coûts plus importants que le respect de ses obligations envers les pays en développement. Malgré tout, le parti n’est pas passé à l’action.