Secours en Haïti: La saison des pluies redoutée
Un peu moins de deux mois après le violent séisme qui a ravagé Haïti, les organisations humanitaires présentes sur le terrain tentent de préparer la population à la saison des pluies, qui débute généralement à la fin du mois d’avril. Malgré certains progrès, la tâche s’annonce titanesque.
Selon les estimations du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI), près de 50 % de la population haïtienne touchée par le séisme pourrait toujours être à la rue au début de la saison des pluies. La Croix-Rouge canadienne admet que la distribution de bâches hydrofuges et de tentes est loin d’être terminée.
«Il reste beaucoup de travail à faire, a indiqué Myriam Marotte, porte-parole de la Croix-Rouge. L’ensemble des partenaires sur le terrain a distribué 425 750 bâches et plusieurs dizaines de milliers de tentes, mais il sera difficile de distribuer un abri à tout le monde avant la saison des pluies.»
Abris transitoires
Conscient des limites des abris temporaires, le CECI travaille à développer des abris transitoires, sortes de petits refuges plus résistants pouvant être habités à plus long terme. Là encore, les défis s’accumulent. «Nous devons composer avec deux difficultés, a expliqué Chantal-Sylvie Imbeault, directrice générale adjointe du CECI. Nous devons d’abord penser aux matériaux. Très peu de matériaux pourront être achetés sur place, la majorité devra être importée. Ensuite, nous sommes dépendants du gouvernement, qui doit décider à qui il octroiera les terres identifiées pour accueillir des abris. Puisque le gouvernement est très affaibli et semble manquer de leadership, les décisions se prennent très lentement.»
Care Canada, qui s’impliquera aussi dans la construction d’abris de transition, espère tout de même pouvoir entreprendre la construction cet été. Une autre inquiétude des organisations humanitaires concerne les installations sanitaires, qui n’ont été que partiellement reconstruites depuis le séisme. «Il y a encore d’importants besoins sanitaires, mais plusieurs latrines et décharges ont été mises en place, a souligné Kevin McCort, président et directeur général de Care Canada, qui se trouve en Haïti jusqu’à aujourd’hui. Le vrai test pour ces installations sanitaires viendra avec la saison des pluies.»
M. McCort craint que l’eau ne fasse déborder les latrines, qui sont situées non loin d’abris temporaires, et que le sol ne se gorge d’eau et inonde les décharges.«La saison des pluies nous rend nerveux», a-t-il affirmé.