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Inquiétudes chez les organismes de coopération internationale

Photo: Nikhil Gangavane

Bureaux fermés, projets sur la glace, rapatriement de centaines de coopérants, la situation de nombreux organismes de développement international est catastrophique, selon l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI).

Les compressions à l’Agence canadienne de développement international (ACDI), aujourd’hui fusionnée au ministère des Affaires étrangères, de même que l’incertitude quant au renouvellement de plusieurs programmes, auraient causé de graves problèmes de financement pour nombre d’organismes. «La plupart des organisations ont dû diminuer leurs activités de coopération et accorder énormément d’énergie à leur financement, c’est-à-dire leur survie», déplore Gervais L’Heureux, directeur de l’AQOCI.

Depuis deux ans, le gouvernement fédéral n’a fait aucun appel de proposition, appels qui permettent normalement à des organismes de compter sur des ententes financières de quelques années.

Terre sans frontières a perdu tout financement de l’ACDI il y a deux ans, à l’expiration de leur entente. «On doit maintenant être autonome, on doit frapper davantage aux portes des contribuables au lieu de faire notre travail, qui est d’aider les plus pauvres de la planète», s’est désolé Petain Saavedra, responsable d’Optométristes Sans Frontières, une branche de Terre Sans Frontières.

Le programme de coopération volontaire, un programme avec une enveloppe de 250 M$ bénéficiant à 10 organismes canadiens sur une période de 5 ans, tarde aussi à être renouvelé.

«C’est certain qu’on s’inquiète, on est dans l’incertitude», a souligné Justine Lesage, agente de communications pour Oxfam-Québec, bénéficiaire de ce programme.

L’AQOCI craint aussi que le Programme de stages internationaux jeunesse, qui permet à 500 jeunes par année de parfaire leur compétence à l’international, soit aboli. Le financement de cette relève s’est terminé en mars 2013.

Ayant peur que l’expertise canadienne en matière de développement international se perde, l’AQOCI a sommé jeudi le ministre des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement, Christian Paradis, d’agir sur la question.

«J’ai eu des discussions avec des représentants de ces organisations à ce sujet et j’ai bien noté leurs préoccupations, a répondu le ministre Paradis. En tant que ministre du Développement international, c’est ma responsabilité de veiller à ce que les programmes soient efficaces et donnent des résultats de la meilleure façon possible.»

L’AQOCI regroupe 67 organisations québécoises qui mènent des missions de solidarité internationale au Québec et à l’étranger, tel qu’ Oxfam-Québec, Avocats sans frontières Canada, Développement et Paix, la Fondation Paul Gérin-Lajoie, Jeunesse Canada Monde et Handicap International Canada.

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