Jean Coutu: l'homme derrière le sarrau
Tous les Québécois connaissent son nom, mais peu connaissent l’homme derrière les Pharmacies Jean Coutu, qui comptent aujourd’hui 378 établissements. Celui qui a ouvert la première pharmacie Escompte Jean Coutu à l’angle Garnier et Mont-Royal en 1969 sortait hier son autobiographie, Sans prescription ni ordonnance. Métro a rencontré Jean Coutu au pavillon qui porte son nom, à l’Université de Montréal.
Vous êtes sans doute le pharmacien le plus connu au Québec; pourtant, on sait très peu de choses de vous. Est-ce que le lecteur qui lira votre autobiographie connaîtra mieux l’homme derrière le sarrau?
Les lecteurs verront le Jean Coutu des affaires, mais je ne parle pas beaucoup de mon intimité. J’aborde les bons et les mauvais coups que j’ai faits dans ma vie, les choses auxquelles je crois. Je voulais aussi donner de l’espoir aux jeunes. Pour qu’ils fassent les choses à leur manière. La relève doit avoir le goût de l’entrepreneuriat; le goût de créer. La jeunesse doit s’inspirer de notre expérience.
Êtes-vous un pharmacien devenu homme d’affaires par la force des choses ou un homme d’affaires qui s’est servi de son métier de pharmacien comme tremplin?
C’est une mélange des deux. Ce qui m’a amené à être un homme d’affaires et à connaître le succès, c’est le fait que j’aimais le monde. Quand j’avais quatre employés, je les connaissais, et on faisait des activités ensemble. Maintenant, j’en ai 17 000, je ne peux pas tous les connaître personnellement. Mais avec ce livre ils pourront voir comment j’ai commencé. J’espère que ça leur donnera un peu d’espoir.
Comment qualifieriez-vous l’homme d’affaires que vous êtes?
J’ai été un homme honnête. Je peux le jurer. J’ai peut-être manqué mon coup quelques fois, mais je ne l’ai jamais fait exprès. Avoir des regrets ne donne rien. Mes choix ont toujours été sincères. Si j’ai manqué mon coup, ce n’est pas grave. J’ai aimé faire des affaires parce que ça me permettait d’aider ma famille, de donner de bonnes conditions à mes employés et de m’impliquer beaucoup à travers ma fondation. D’ailleurs, pour chaque livre vendu, nous remettons 5 $ à Jacqueline Lessard pour son orphelinat-école en Haïti.
Sans prescription ni ordonnance
Les Éditions de l’Homme