L'arctique convoité
Que ce soit en ce qui concerne la rapidité de la fonte des glaces ou les rivalités entre pays, quand il s’agit de l’Arctique, on a souvent tendance à exagérer, selon un collectif de chercheurs qui publiait récemment Passages et mers arctiques – Géopolitique d’une région en mutation. Métro a rencontré Frédéric Lasserre, directeur de publication.
Comment évolue la banquise?
Elle a diminué en superficie de 35 % entre 1979 et 2007, selon la NASA. Cela ouvre des passages à travers les îles de l’archipel arctique, entre la baie de Baffin et la mer de Beaufort. Environ un mois et demi par année, des navires peuvent y circuler. De plus en plus de modèles climatiques prévoient qu’entre 2030 et 2050, il y aura des étés sans aucune glace. Rejoindre l’Europe et l’Asie pourrait être plus court.
Quelles opportunités cela permet-il?
Il y a des ressources minières, du gaz, du pétrole, mais pas autant qu’au Moyen-Orient, contrairement à ce que certains prétendent. C’est l’exploitation de ces ressources qui sera probablement le moteur de son développement. L’Arctique ne sera sans doute jamais fortement utilisé pour le passage de porte-conteneurs, même l’été, car les armateurs n’aiment pas l’incer-titude causée par les glaces. Le marché des croisières touristiques restera peu important.
Y aura-t-il une guerre de l’Arctique?
Même si des pays comme la Russie et le Canada sont très agressifs verbalement et contribuent à la militarisation de l’Arctique, il s’agit surtout de rhéto-rique pour flatter le nationalisme et gagner des électeurs. Dans les faits, les pays collaborent. Par exemple, la Russie et la Norvège ont signé en septembre 2010 un traité déterminant la frontière maritime de la mer de Barents.