Débattre pour savoir ce qu'est une mort digne
Les audiences de la commission sur la question de mourir dans la dignité se terminent bientôt. Métro en a rencontré la vice-présidente, la députée Véronique Hivon.
Quelles que soient les conclusions du rapport que la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité déposera d’ici l’été, elles déplairont à une partie de la population. La députée de Joliette, Véronique Hivon, qui est vice-présidente de la commission, en est consciente. «On ne peut pas plaire à tout le monde. C’est ça la vie démocratique. Il y a des gens qui fondent énormément d’espoir en nous pour qu’il y ait du changement, mais il y a aussi des gens qui ont très peur de ce changement», a affirmé jeudi la députée péquiste tandis que la commission tenait ses dernières audiences à Montréal.
Depuis près d’un an, la Commission sur la question de mourir dans la dignité recueille les avis sur l’euthanasie et le suicide assisté, mais aussi sur les soins offerts en fin de vie. À la fin de ses travaux, la commission devra se prononcer sur le droit de mourir, sans perdre de vue le droit à la vie avec toutes les nuances que cela comporte.
Véronique Hivon n’a pas voulu élaborer sur la direction qu’empruntera le rapport de la commission, puisque les audiences publiques ne sont pas terminées – elles prennent fin le 24 février – et que les discussions formelles ne sont pas commencées. «Je suis d’avis qu’il faut prendre des risques», a ajouté Mme Hivon, sans toutefois donner son avis sur l’enjeu de l’euthanasie et le suicide assisté. S’il n’en tenait qu’à elle, le rapport de la commission serait «clair et percutant».
«Même si c’est un sujet très émotif, très sensible et même tabou, les Québécois ont la maturité pour en débattre sereinement et respectueusement, a constaté la députée du Parti québécois. Les gens ont pris l’exercice au sérieux.» Mme Hivon est convaincue que le rapport de la commission n’atterrira pas sur une tablette. D’une part, l’Assemblée nationale a donné unanimement le feu vert à cette consultation populaire et, d’autre part, la participation tant des experts que des citoyens a dépassé les attentes.
À ce jour, plus de 300 mémoires ont été acheminés à la commission, et plus de 6 600 questionnaires ont été remplis en ligne. «Ça va être difficile pour le gouvernement de mettre ce débat de côté», estime la députée de Joliette.
Absence de définition
Les députés siégeant à la commission spéciale n’ont pas défini ce que signifie «mourir dans la dignité». «On voulait entendre ce que les citoyens estiment être la dignité et s’il y avait des circonstances où ils perdaient leur dignité», a expliqué la députée Véronique Hivon. Selon les témoignages que Mme Hivon a entendus jusqu’à présent, certains croient que la dignité est liée intrinsèquement à l’être humain, d’autres pensent qu’elle est liée à leur autonomie et à la perception de leur souffrance.