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De plus en plus d’actes islamophobes seraient commis au Québec

De plus en plus d’actes islamophobes seraient commis au Québec
Photo: Carlos Hernandez/monscoop@journalmetro.com

La quantité d’actes haineux commis au Québec à l’endroit de musulmans aurait augmenté drastiquement depuis le début du débat sur la charte des valeurs québécoises, selon le Collectif québécois contre l’islamophobie et le Conseil musulman de Montréal.

Foulards arrachés, attaques verbales, coups, le Collectif a comptabilisé, entre le 15 septembre et le 15 octobre, 117 plaintes sur son site web provenant de personnes disant avoir été victimes d’actes violents liés à leur appartenance religieuse, principalement des femmes voilées. À titre comparatif, l’organisme dit n’en avoir reçu que 25 entre le 1er janvier et le 31 juillet.

Hanadi Saad, éducatrice en milieu familial qui habite au Québec depuis plus de 20 ans, dit avoir été insultée à plusieurs reprises récemment en raison de son voile, ce qu’elle n’avait pas vécu depuis le lendemain du 11 septembre. «Je ne reconnais plus le Québec d’aujourd’hui», s’est-elle désolée.

De nombreux musulmans trouvent également que le climat actuel est tendu. La majorité des 556 répondants à un sondage sur le climat social tel que perçu par les musulmans, réalisé par la firme MarkEthnik entre le 21 et le 29 octobre, a affirmé croire qu’un sentiment anti-musulman s’installait depuis quelques mois.

Adil Charkaoui, porte-parole du Collectif, affirme avoir lui-même été la cible de menaces de mort sur les réseaux sociaux. Il tient le gouvernement du Québec responsable de ce qu’il qualifie de «dégradation du climat social». «En plus du discours identitaire du ministre Drainville, le gouvernement Marois n’a pas dénoncé clairement l’état actuel des choses et n’a pas joué son rôle de gouvernement qui protège les minorités ethniques», a affirmé M. Charkaoui.

Les médias ont aussi été pointés du doigt. M. Charkaoui affirme que le Collectif a reçu 146 plaintes concernant des propos islamophobes, la majorité étant attribués aux journalistes Richard Martineau, au Journal de Montréal, et Benoît Dutrizac, au 98,5 fm. Salam El-Menyawi, président du Conseil musulman de Montréal, a cité en exemple le billet de blogue du 15 octobre de M. Martineau, dans lequel le chroniqueur utilise le terme «islamiste» pour désigner les musulmans et les compare au Ku Klux Klan et aux nazis. Des recours collectifs contre M. Martineau et M. Dutrizac seront entrepris, a laissé savoir M. Charkaoui.

L’avocat spécialiste des droits de la personne Julius Grey, présent mardi aux côtés de M. Charkaoui et M. El-Menyawi, a appelé à une campagne d’éducation massive au sujet de la civilisation musulmane, qui est selon lui riche et tolérante. M. Grey croit que l’islamophobie a pris la place de l’antisémitisme du début du 20e siècle en Occident.

Le ministre Bernard Drainville n’a pas répondu aux questions de Métro.

Pas plus de signalements au SPVM
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) dit être plus attentif aux actes islamophobes depuis de dévoilement du projet de charte des valeurs québécoises.

  • Il n’a toutefois pas constaté de hausse des plaintes pour ce type de situation.
  • «On demande aux gens de le dénoncer lorsqu’ils sont victimes d’actes haineux ou que leur sentiment de sécurité est compromis», a rappelé Vincent Richer, commandant au poste de quartier 22 du SPVM.

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