National

Jean Tremblay insulte copieusement Louise Beaudoin

Patrice Bergeron - La Presse Canadienne

Le débat sur la
prière aux séances du conseil municipal s’envenime encore. Le défenseur
du camp religieux, le maire de Saguenay, Jean Tremblay, a tenu des
propos bien loin d’une oraison dans sa croisade.

Sur les ondes d’une station régionale, il a arrosé copieusement
d’insultes une de ses adversaires les plus coriaces, la députée péquiste
responsable du dossier de la laïcité, Louise Beaudoin.

Au cours d’une entrevue accordée vendredi à KykRadioX-FM, il l’a
notamment traitée de « parasite inutile dans le paysage politique, qui
traîne depuis 40 ans ». Il s’est demandé si elle avait « jamais fait
quelque chose de significatif ».

Pour lui, c’est une femme qui « écrase » (sic), elle et son mouvement « qui
ont bien réussi dans leur projet de séparation (du Québec) », qui
« écrase partout ».

« Dès qu’elle se fait battre (aux élections), elle s’en va vivre en France, elle aime tellement le Québec », a-t-il enchaîné.

Le maire réagissait ainsi à une entrevue accordée à La Presse Canadienne
par la députée péquiste. Elle avait alors jugé durement les récentes
déclarations de M. Tremblay, qui a récidivé en prononçant une prière au
conseil la semaine dernière, malgré une décision de la Cour qui lui
interdit de le faire.

M. Tremblay s’était alors identifié aux « Canadiens français », ce qui
pouvait être associé à une forme de « régression » qui ne tenait pas
compte de 50 ans de débat politique sur la question nationale, selon Mme
Beaudoin.

Dans une entrevue accordée en fin de semaine lors d’une réunion des
députés du PQ, Mme Beaudoin a préféré éviter l’écueil de la
personnalisation du débat. Elle a toutefois jugé que les injures du
maire à son endroit étaient bien « loin de la charité chrétienne » dont il
se fait le défenseur.

Elle se dit toutefois prête à débattre n’importe quand avec le maire,
mais « sur le fond ». La députée a aussi rappelé que, malgré leurs
divergences, elle avait eu des échanges tout à fait courtois avec M.
Tremblay quand il est venu présenter son mémoire à la commission
parlementaire qui se penche sur le projet de loi 94 sur les
accommodements raisonnables.

Rappelons que la Ville de Saguenay a récemment déposé une requête pour
contester en appel le jugement rendu par le Tribunal des droits de la
personne, qui interdit la récitation de la prière à la séance du conseil
municipal.

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