Devoirs d'été pour les partis provinciaux
L’été politique sera mouvementé. Les tournées des BBQ et des fêtes populaires ne seront pas les seules activités qui préoccuperont les députés pendant la saison estivale. Dans toutes les formations politiques, les devoirs d’été occuperont une bonne part de leur temps. Pour mater la volatilité et le cynisme de l’électorat québécois, ils auront fort à faire.
La barque péquiste aura besoin de réparation pour reprendre le large à l’automne. Pauline Marois peut bien dire que les démissions ne sauraient la distraire, il lui faudra colmater les brèches et refaire la cohésion d’une formation qui semble avoir perdu ses repères. Plusieurs lignes de fractures apparaissent maintenant et font oublier l’appui de 93 % recueilli par ses militants il y deux mois à peine.
De son côté, Jean Charest a repris le contrôle de l’agenda. La campagne fédérale lui a permis de se faire oublier et de préparer sa relance. Une série d’annonces, dont celle du Plan Nord, illustre le mouvement. Le niveau d’insatisfaction à son endroit n’a cependant pas bougé. Si les problèmes vécus par Mme Marois lui permettent de souffler un peu, l’usure de son gouvernement demeure.
Plafonnant auprès de l’opinion publique, l’ADQ devra se questionner sur son positionnement. Gérard Deltell a su rebâtir une organisation. Un congrès printanier difficile aura cependant illustré sa difficulté d’assoir un programme ancré sur les priorités des Québécois. Ce congrès aura aussi permis tracer les limites d’une dérive trop idéologique.
Par ailleurs, Amir Kadhir est apparu comme un chef qui s’éparpille. L’été lui permettra de réfléchir aux différentes causes qu’il entend défendre à l’automne. S’il veut gagner en crédibilité, il devra cesser de s’associer à des enjeux qui sont en rupture avec le comportement attendu d’un élu. Après l’épisode du Grand Prix, il devra mieux choisir ses batailles.
Pendant ce temps, la Coalition de François Legault s’activera pour bâtir les fondations de son organisation. Avec un programme qui s’apparente déjà aux positions traditionnellement défendues par l’ADQ, nul doute que l’été favorisera la réflexion de plusieurs élus. D’ailleurs, tant M. Legault que M. Deltell ont intérêt à accroître leur canaux de discussion.
Pas de repos estival donc, trop de pain sur la planche. La dernière élection fédérale a permis d’illustrer que le désir de changement de la population peut donner des résultats surprenants. Les départs au Parti québécois ont ramené le besoin de faire autrement. Beaucoup de devoirs donc pour rétablir le lien de confiance et développer une offre de service qui sache unir les Québécois. Ouf, l’été sera court.
– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.