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Duchesneau en commission parlementaire: L'occasion

Si l’occasion fait le larron, elle peut aussi changer le cours des choses. Le député de Shefford aura eu une bonne idée. La proposition d’une commission parlementaire pour entendre le chef de l’Unité anticollusion se sera finalement avérée utile. Loin du cirque, l’opération aura permis d’en apprendre un peu plus sur le système qui gangrène l’industrie de la construction et les institutions québécoises. C’est l’occasion à saisir pour Jean Charest.

Jacques Duchesneau n’aura pas hésité à remettre les pendules à l’heure. Contrairement aux affirmations du ministre des Transports et du premier ministre, le rapport ne présentait pas des allégations, mais bien des faits.

Trop facile de dire que les propositions de M. Duchesneau sont floues. Au-delà des détails techniques, il faut retenir que M. Duchesneau a clairement énoncé l’importance de tenir une commission d’enquête publique qui permette à la fois d’exposer le système tout en protégeant les innocents pour venir à bout de la situation. Au bout du compte, ce qui donnera de la crédibilité à la démarche, ce sera le processus de nomination de ses commissaires. Une nomination aux deux tiers de l’Assemblée nationale donnera les coudées franches pour réellement faire le travail attendu par les Québécois.

Cette commission parlementaire ne prendra toute sa force que si elle permet à Jean Charest de sortir de sa logique. Tout le monde veut que les acteurs principaux de cette mauvaise pièce se retrouvent derrière les barreaux. La n’est pas la question. Cependant, comme l’a si bien dit Jacques Duchesneau : «Il n’est pas vrai que c’est seulement en jetant en prison des bandits et en préconisant une approche policière et judiciaire que nous réussirons à juguler l’hémorragie.»

Il se fait tard, mais il n’est pas trop tard. Jean Charest voyagera en Europe au cours des prochains jours. Un moment pour réfléchir et comprendre qu’il est temps pour lui de pleinement assumer son rôle. Il est temps d’agir pour rebâtir la confiance, protéger les institutions et les innocents. Car plus le temps passe, plus les dommages seront importants. Ingénieurs, élus, travailleurs de la construction, professionnels, tous y passent. Au-delà des coûts de la corruption et de la collusion, il y a un coût social.

– Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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