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CPE: la Coalition avenir Québec veut réduire le rapport de force des éducatrices

Martin Ouellet - La Presse canadienne

QUÉBEC – Au nom des familles, la Coalition avenir Québec (CAQ) souhaite
restreindre le droit de grève des travailleuses en garderie.

Irritée par les débrayages à répétition des syndiquées, la CAQ estime
que le temps est venu pour le gouvernement de déposer un projet de loi
visant à inclure les Centres de la petite enfance (CPE) dans la liste
des services essentiels.

En point de presse mercredi à l’Assemblée nationale, le député Daniel
Ratthé s’est porté à la défense des familles qui, selon lui, « font les
frais » des moyens de pression syndicaux.

« Il y a des parents qui n’ont pas des grands-parents ou des oncles, des
tantes pour se retourner rapidement. Il y a des familles dans la région
métropolitaine qui en seront à quatre jours de grève. (…) Je suis loin
d’être convaincu que les familles du Québec peuvent se permettre de
perdre un, deux, trois ou quatre journées de travail », a fait valoir
l’ex-député péquiste passé à la CAQ.

Pendant que le gouvernement « se traîne les pieds » à la table des
négociations, les parents sont laissés à eux-mêmes, victimes d’arrêts de
travail à répétition sans véritables préavis.

« On apprend à la dernière minute, la veille, l’avant-veille, que dans
tel secteur, il va y avoir une grève tournante, dans tel autre secteur,
il y aura une autre grève tournante. On a appris aujourd’hui qu’il y
aura possiblement deux jours de grève nationale la semaine prochaine », a
illustré M. Ratthé, porte-parole caquiste en matière de famille.

Plutôt que d’envisager une loi spéciale pour imposer des conditions de
travail, le gouvernement devrait, à son avis, reconnaître les CPE en
tant que service essentiel en vertu du Code du travail. La décision
aurait pour effet de restreindre le droit de grève des éducatrices.
Il ne s’agit pas d’interdire le droit de grève, s’est défendu M. Ratthé,
mais d’assurer pour les parents des services auxquels ils ont droit.

« Des balises, ce n’est pas nécessairement d’enlever un pouvoir de grève.
Est-ce qu’on pourra dire qu’on doit assurer un minimum d’heures, un
minimum de jours, un minimum d’éducatrices? Ce sera à la commission du
travail de le déterminer. Actuellement, avec les grèves tournantes, avec
les grèves nationales, il n’y en a plus d’éducatrices, il n’y a pas de
services », a-t-il soulevé.

Les grèves tournantes se poursuivaient mercredi dans les CPE affiliés à
la CSN de la Montérégie, l’Estrie, l’Outaouais, les Laurentides,
Lanaudière, l’Abitibi, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, la Côte-Nord, le
Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine et le
Coeur-du-Québec.

Jeudi, ce sera au tour des CPE de Montréal et de Laval ainsi que de la
région de Québec-Chaudière-Appalaches d’être touchés par une grève d’une
journée.

À défaut d’un déblocage dans les pourparlers, une grève nationale des
8500 travailleuses syndiquées à la CSN est prévue lundi et mardi.

À ce sujet, la CAQ a exhorté mercredi les parties à faire les compromis
nécessaires pour en arriver à un règlement satisfaisant.

« C’est des grèves à répétition. Et combien il y en aura d’autres? (…)
Il faut que ça se règle, il faut que les deux parties mettent de l’eau
dans leur vin », a argué le député de Blainville.

En Chambre, la ministre de la Famille, Yolande James, ne s’est pas
prononcée sur la requête de la Coalition.
Elle a préféré s’en tenir à son discours habituel, réaffirmant la
volonté du gouvernement d’en venir à une entente négociée avec les
éducatrices.

« Tous nos efforts sont déployés pour en arriver à une entente. Et au
moment où je vous parle et plus tard aujourd’hui, il y a des rencontres
importantes, des discussions avec le côté patronal ainsi qu’avec le
syndicat. Pour nous, la solution, ce n’est pas de déchirer les
conventions collectives, c’est d’en arriver à une entente », a-t-elle
martelé.

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