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Les victimes du Richelieu veulent poursuivre Québec et Ottawa

Les victimes des inondations en Montérégie veulent intenter un recours collectif contre les gouvernements du Canada et du Québec.

La requête déposée jeudi accuse les deux paliers de gouvernements de ne pas avoir donné suite à l’ordonnance de 1937 et au rapport de 1981 qui préconisaient des travaux de dragage et la construction d’infrastructures pour éviter les inondations lors des crues de printemps.

Le requérant Denis Dupuis a patienté 8 mois avant de réintégrer son logis. Il a aussi déjà dépensé 135 000$ pour réparer sa maison et les travaux ne sont pas encore terminés. «Nous avons reçu 30 000$ jusqu’ici du gouvernement, mais on conteste leur évaluation et c’est très compliqué d’avoir des réponses. Moi actuellement je suis une thérapie et pour d’autres ça a été encore plus difficile», explique M. Dupuis qui parle à mots couverts de suicides.

M. Dupuis demande 130 000$ de dommages, ce qui correspond à la partie estimée de ses travaux qui ne sera pas couverte par le gouvernement, auxquels s’ajoutent 50 000$ pour les dommages moraux. «Si la demande de recours collectif est acceptée et sachant qu’environ 3000 ménages ont été touchés, les sommes totales en jeu tourneraient autour de 200 M$», estime son avocat, Me Alain Arsenault.

Au cœur de la requête, l’inaction gouvernementale. Si un barrage a bien été construit en 1939, il est inopérant parce que les travaux complémentaires n’ont jamais été réalisés. L’histoire s’est répétée en 1981, quand les recommandations de la Commission mixte internationale n’ont jamais été appliquées. Elle suggérait la construction d’un barrage à vannes mobiles et le dragage de la rivière Richelieu sur 4 km pour en augmenter la profondeur.

«Les Américains ont fait les travaux de leur côté, mais pas nous, peste Gaston Fleurant, copropriétaire d’une base de plein air le long du Richelieu. On pourrait enlever nos bottes si les politiciens mettaient leurs culottes.»

Le rapport de 1981 estimait les travaux nécessaires à 6,4 M$. Sachant qu’une crue de plus de 100 pieds au-dessus du niveau de la mer survient tous les deux ans et qu’elle coûte autour de 1,3 M$ en moyenne en réparations, les travaux seraient remboursés en moins de dix ans, clament les requérants.

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